Engagement (2/3) - Le speed dating des Imaginales

Rivages, sortie du jour
Couverture d'Aurélien Police
Comme je l'expliquais la semaine dernière, la littérature, c'est ma voix/e et mon chemin, et aider les livres à advenir dans ce monde qui en a bien besoin me donne un sentiment de plénitude.

Organiser le speed-dating des Imaginales est le moyen le plus direct de voir le roman passer de "projet sur ordi" à "trésor dans la librairie" !



Après VRP de la littérature, je me désigne aussi comme sage-femme, puisque je pratique cette drôle de maïeutique. Comment elle fonctionne ?

Tous les copains écrivains en témoigneront, il y a bien des manières de s'entraider : entre collègues, on se soutient, l'écriture n'est pas forcément un métier solitaire. Cela suppose quelques compétences ! Écouter des histoires jusqu'au bout sans être gêné par les spoils. Savoir se brancher sur une scène pour l'imaginer et la visualiser afin d'aider l'ami à trouver l'adjectif juste pour "cet arbre, là, tu le vois ?". Encourager. Encourager. Encourager. Relire entièrement des manuscrits pour les commenter (on verra la bêta-lecture dans l'article 3). Rassurer. Rassurer. Rassurer. Avoir une formation juridique pour relire les contrats des copains (et les siens) et les aider à négocier. Faire la fête quand le livre sort (si, si, c'est une compétence, y a des gens qui ne savent pas s'amuser). Savoir décortiquer une mauvaise chronique pour en montrer l'inanité. Consoler. Consoler. Consoler. Connaître les tuyaux pour interpréter les chiffres de vente. etc.

Ça demande une sacré volonté et beaucoup d'abnégation ! Là, par exemple, je vais passer de très très longues heures dans le train (l'intercités qui fait Bordeaux-Nantes, plus lent qu'un tracteur, je vais avoir le temps de bouquiner) pour aller fêter une sortie de roman que j'ai suivi depuis le début. Voyez comme j'aime la littérature !

Grâce à Cocyclics, j'ai eu aussi envie de m'investir dans le passage entre la fin du manuscrit et la recherche d'éditeur : ça a été le GGG.

Daniel Mat signe avec Agnès Marot et Jean-Paul Arif,
pour Scrinéo rencontrés au speed-dating
De fait, en 2014 (ou 2013?), quand Stéphanie Nicot, la directrice littéraire des Imaginales m'a demandé de filer un coup de main à Élise Dattin pour le speed-dating du vendredi soir, j'ai dit oui.
Kezako le speed dating ?
2 heures, des éditeurs, des auteurs non édités : ils se rencontrent, les uns pitchent leurs romans, les autres écoutent, conseillent et parfois donnent leur carte de visite pour que l'auteur envoie son manuscrit.
Et ça marche.
Nadia Coste
L'année d'avant, c'était mon amie Nadia Coste qui avait tenu ce rôle. Ça se passait dans un petit salon de thé adorable, les auteurs dans la salle, les éditeurs au grenier, Élise envoyait les candidats quand une place se libérait et moi je les rassurais et les encourageais. L'attente était un moment très chouette car les auteurs échangeaient leurs histoires, se racontaient leurs déboires et bonheurs et ça aidait tout le monde. À l'époque, on avait 6 ou 7 éditeurs et 15-20 candidats, c'était peinard. Les gens arrivaient, ils s'inscrivaient sur des feuilles volantes et ça roulait.

Les rencontres
Depuis, je fais le speed-dating chaque année. Déjà, avec Élise, on s'est très bien entendues et puis surtout, comme ça marchait, ça s'est su... des romans ont été publiés, 1 ou 2 chaque année. Vous me direz que ça fait peu, mais quand on considère qu'un roman sur 1000 trouve preneur par la poste, on peut considérer que le speed-dating est une opportunité énorme. Et puis surtout, des auteurs qui n'ont pas vu leur premier projet aboutir ont publié leur 2ème ou leur 3ème avec un éditeur rencontré à cette occasion. Parce que le simple fait de pouvoir parler réellement à un éditeur apporte énormément, même si le projet présenté à cette occasion ne se fait pas.

Mon tableau en cours d'élaboration
De fait, on a eu de plus en plus de candidats. Et de plus en plus d'éditeurs. Il a fallu qu'on améliore "un peu" l'organisation bordélique des débuts... les auteurs font des voeux à l'avance et j'essaye de faire un tableau pour gérer les dizaines de rotations afin de ne pas épuiser nos gentils éditeurs. En 2018, on a eu 40 candidats et 15 éditeurs ! Et l'an passé 53 candidats et 20 éditeurs... on a hélas dû limiter la participation, parce que ça devenait impossible de garder de bonnes conditions de rencontre. Et moi, je ne m'en sortais plus avec mon tableau d'organisation, ce qui fait beaucoup rire un certain Simon Pinel pour ne pas le dénoncer. On a fait appel à des copains pour nous aider, Paul Beorn, Lilie Bagage, Betty Piccioli. Nadia Coste est revenue en 2017, c'était extra ! Et on a investi un nouveau lieu, un lieu magique.

Gauthier Guillemin
Gérer le speed-dating est un de mes meilleurs moments de l'année. Et en 2017, ça a été d'autant plus émouvant pour moi que j'ai fait participer un de mes meilleurs amis, dont le roman était tout juste fini, qu'on avait relu ensemble, dont je pensais qu'il était merveilleux de poésie et de sens. Et vous savez quoi ? Celui qui sort aujourd'hui, là, celui que je vais fêter, c'est au speed-dating qu'il a été repéré par Gilles Dumay. Et vous pouvez même venir vous le faire dédicacer aux Utopiales ce week-end ! Gauthier Guillemin dédicace ce vendredi de 15 à 16 et samedi de 17 à 18.

Si vous voulez me voir, j'y serai aussi, bien sûr ! Mes horaires de dédicace sont ici et je suis en conférence samedi matin à 9h avec Victor Dixen et Ange pour répondre aux questions de Jérôme Vincent.

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