Vivent les mariés !

Ce printemps, j'ai eu l'honneur de prononcer un discours pour le mariage de mon ancienne amie de fac, Anne-Eli. Elle m'a autorisée à le divulguer. C'est une joie pour moi de lui rendre hommage publiquement.
(Tous droits réservés, of course, n'allez pas pomper mon discours, écrivez le vôtre ! Ou alors citez-moi et payez une dîme en chocolat)


Quel beau jour que celui d’un mariage ! Aussi beau que celui d’une naissance, la douleur en moins… quoique le paracétamol soit souvent de rigueur le lendemain !
Je ne suis pas croyante, ni très attachées aux valeurs actuelles de mon pays, ni même à mon pays tel qu’il est aujourd’hui, j’avoue. Mais le mariage, oui, j’y crois et c’est avec émotion que j’ai bidouillé ce petit discours en l’honneur de nos mariés. Deux compagnons de longue date, deux parents aimants, deux amis qui se soutiennent et marchent main dans la main, voilà ce que sont nos mariés et ce que doit être le mariage, il me semble : une union qui rend plus fort, une pièce du puzzle solide qui permet de s’entraider dans la bienveillance et d’offrir aux petits, aux familles, aux amis qu’ils génèrent et qui les entourent un repère et une ressource.
Et puis surtout, il y a l’amour. Non pas l’amour sot et ronflant qui n’existe que dans les romances hollywoodiennes, non, l’amour réel, humain et universel qui, magie, unit des êtres pour la vie (ou parfois moins, mais là, c’est bien parti, et puis, en vrai, le fait qu’il soit pérenne ou non ne retire rien à la valeur de ce sentiment).

Serein pour les jours doux, furieux dans les tempêtes, brillant la plupart du temps, sombre aussi par moments. L’amour n’est pas réductible, on ne le contient pas dans une boîte ni dans un cœur. Il transporte hors de soi, il déborde dans les grands actes, il s’insinue dans les petits gestes, il dépose sur le repas du soir un sel impalpable et puissant dont on devient vite dépendant. Cela, vous l’avez déjà, vous le connaissez, ce sentiment étonnant qui transforme deux consciences solitaires, isolées comme tant d’autres dans leur petite boîte crânienne, en couple merveilleux et fascinant.
Je ne me lasse pas de vous regarder et de constater que les inventions des plus grands conteurs ne peuvent pas traduire ce que je vois là. On peut raconter bien des colères, des jalousies, des désespoirs, mais saisir l’amour pour en donner une image exacte, aussi pleine et complexe que ce que nous avons devant les yeux… Macache, c’est comme de vouloir remplir le tonneau des Danaïdes : à peine avez-vous esquissé un aspect qu’un autre vous échappe et fausse le tableau. Si j’essaye de raconter de petites histoires depuis dix ans, je peine toujours à saisir dans mes filets le surnaturel de l’amour. N’y a-t-il pas quelque chose de l’ordre de la magie dans cette union ?
Je suis persuadée que les fées et les sorcières, Gargantua, Sauron et Dracula n’ont été inventés que pour traduire une magie que nous percevons tous, sans oser nous l’avouer, gauchos matérialistes que nous sommes. Pourtant, il y a bien aujourd’hui de la magie dans l’air ! Être tous ainsi réunis, partager cette joie et les bouteilles avec tant d’harmonie bienheureuse, ce ne sont pas juste des mots… vous le sentez, n’est-ce pas, que ça crépite et scintille autour de nous, que la réunion singulière de tous ces amis en l’honneur des mariés est merveilleuse, de ce qui fait la matière des contes et des romans ?

Bah, c’est trop dur à contenir dans un discours, je vais faire comme tous les artistes qui se respectent, je vais lever mon verre à votre santé et m’y noyer pour y trouver d’inspirantes idées !

Vivent les mariés !

Commentaires

  1. Comme toujours tu as le mot juste et délicat. Nous avons affiché ton discours sur le mur de notre foyer, pour ne jamais oublier . Merci mille fois. Tendresses

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