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Affichage des articles du novembre, 2018

Les montagnes russes

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Il y a des jours comme ça où on est dans le train, très tôt, pour aller voir des élèves qui ont lu votre livre, on est les Vrp de la création litteraire, on vend du rêve. On s'est couché trop tard, c'est pas raisonnable. On s'est levé trop tôt et ça explique les métaphores éculées. On a passé des jours éprouvants avant ce jour-là, on a encore beaucoup de travail après ce jour là. On regarde par la fenêtre les lumières dans le noir, on pense à tous ces gens qui se sont levés trop tôt aussi. On est un peu fatigué.
C'est un de ces jours ou on se demande pourquoi. Pourquoi j'écris encore, pourquoi je fais ce métier ? C'est les montagnes russes ce métier, c'est le grand huit, la grande peur, la belle montée, le sommet glorieux, la dégringolade fulgurante, l'apaisement passager, le hurlement de peur, le rire de joie pure.
Pourquoi ?
On fait des listes.
Il y a les enfants qui vous accueillent tous plein de joie et de questions, les lecteurs qui vous suivent d…

De l'écriture

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Alors que je finis de lire Linea Nigra de Sophie Adriansen, un bien beau livre, qui remue beaucoup de choses et de souvenirs, je m'interroge.


Je lis mes amis : je parle avec eux et ensuite je les lis, et inversement. Nous partageons nos livres et nos mots et je peux les entendre de deux manières : l'une qui appartient à tout le monde et l'autre qui n'appartient qu'aux artistes entre eux. Car je sais écrire et je sais comment ils écrivent : je peux donc les entendre dans la façon dont ils mettent en forme leur propre matière, leur propre regard sur le monde. Là, je lis Sophie et je sens, devine la façon dont toute sa merveilleuse personne a créé le livre,  je sais un peu du mélange entre sa propre matière et la fiction et cette lecture est d'autant plus émouvante. J'ai ressenti la même chose en lisant Einstein, le sexe et moi d'Olivier Liron : je l'entendais. Je voyais comment il avait transformé ce qu'il est en roman, j'étais heureuse de voi…

Qui a tué mon père

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Magnifique lecture ce matin, portrait tendre et amer, mise en accusation de nos dominants qui tuent leur peuple à coup de lois précarisantes, de réduction d'aide, de déremboursement des soins... tandis que les fachos récupèrent les votes des pauvres gens en faisant du populisme sur l'essence, un texte qui dit simplement la vie d'un homme qu'on appelle fainéant, assisté avec ce mépris de classe qui donne la nausée. 

Un très beau texte sur les relations familiales, le lien père/fils.

Court, percutant, important.