Réponse : la liberté du personnage

Chers lecteurs actifs depuis la semaine dernière : merci ! Je suis contente et de fait très motivée pour poursuivre cette entreprise qu'est la tenue de ce journal désintimisé sur le thème de la littérature.
En plus, aujourd'hui, c'est le 300 ème article.

Lundi, je lançais une question sur les personnages et deux lectrices ont répondu de manière tout à fait intéressante. Comme j'ai passé un certain temps à leur répondre ce matin, alors que je suis présentement en grand manque de café puisque je n'ai que du café lyophilisé dans ma chambre d'hôtel et qu'atteindre le vrai café suppose que je me lave, m'habille et sourit à plein de gens que je connais plus ou moins, je n'ai pas l'énergie de faire un article en plus.
Or, je connais votre feignantise : vous n'allez pas chercher de vous-même les commentaires de Shaya et Sabine, ni ma réponse, je le sais bien. Donc je tiens compte de notre feignantise commune et vous donne ici le lien vers leurs réponses et je transforme ma réponse en article du jour avec les vignettes afférentes, bien entendu.

Le lien : http://augredemeshumeurs.blogspot.com/2018/08/une-pensee-laissee-en-suspens.html

Comme ça, pendant que vous lisez, je peux me préparer à affronter le monde cruel du dehors de mon lit pour obtenir mon café.
Malin, hein ?

Si ma mauvaise foi vous semble écrasante, vous pouvez porter réclamation, mais il y a peu de chance qu'on vous réponde.

La liberté des personnages

Pour ce qui est de la liberté des personnages, et de la question " n'en font-ils qu'à leur tête?" ainsi que de l'idée que "Les personnages prennent parfois leur liberté malgré soi.", je suis dubitative pour ma part. J'entends souvent des collègues dire qu'ils laissent leurs personnages libres de se développer comme ils l'entendent, que les persos finissent par prendre leur liberté. J'avoue que cela m'a toujours mise dans une grande confusion : je suis pour ma part dans la maîtrise et je n'ai jamais vu ces personnages comme des êtres à la volonté indépendante. Ce sont juste mes pensées mises en mots. Ainsi, hier, un enfant m'a demandé si je considérais Hadrien (de 14-14) comme un fils : non, bien sûr, c'est juste une figure, une carte du jeu mental. C'est ce qui m'intéresse dans le propos de Mauriac, cette idée que les personnages ne pourraient pas exister, leurs dialogues ne sonneraient jamais, car on leur fait dire et penser des choses qui ne sont pas le fait des humains, mais seulement des figures de papier.

Mais ce que Mauriac fait par ailleurs, dans ses romans, c'est qu'il explique beaucoup les pensées et les actes des persos et c'est ce qui a gêné Sartre, il me semble. Lui préfère que l'auteur ne soit pas dans une démarche visible d'analyse du personnage : il dit que l'auteur ne doit pas appuyer le trait, analyser les sentiments, expliquer les actions, il doit simplement les présenter.




Je crois aussi que l'auteur doit éviter de donner les réponses à ses questions : Victor Dixen le disait hier "J'écris un roman lorsque j'ai une question à poser".

Surexpliquer les personnages est dangereux car on balise le chemin en ôtant de la liberté au lecteur, on risque de tomber dans la moraline. Et puis franchement, c'est beaucoup moins intéressant, à mon sens, que de les mettre en action pour traduire en scènes ce qu'on pense d'eux.

Par exemple : il est bien plus amusant de laisser son personnage enfiler avec difficulté un t-shirt laid et un peu trop petit sur son embonpoint que d'expliquer qu'il se sent marqué par l'âge et les stigmates des nombreux repas passés.




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