Jour 6 - L'ermitage Drak Yerpa

Mercredi, je retrouve Chime, Marion et notre chauffeur pour aller à Drak Yerpa, un lieu d'ermitage situé à une heure de Lhasa. C'est un lieu peu fréquenté par les touristes, mais pour lequel les pèlerins viennent de très loin. Sur place, nous allons par exemple en croiser qui viennent du Ladakh et de la région au pied de l'Everest, qu'ils soient laïcs, en famille ou moines et nonnes. Le lieu est incroyable : à flanc de montagne s'accrochent de nombreuses petites maisons blanches et rouges, aux toits d'or, pour abriter l'entrée des grottes où, depuis des siècles, viennent les yogis et lamas en retraite. Les plus grands maîtres du bouddhisme tibétain sont venus faire des retraites ici, de plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois, y compris les grands dirigeants du Tibet.
Les chapelles troglodytes abritent des statues, des autels et même une salle de rituel où se réunissent les moines qui vivent sur les lieux. Dans l'ancien temps, les grottes n'étaient pas cachées derrière les chapelles qui ont poussé sur les pitons rocheux : ces changements sont plutôt récents, Marion a du mal à reconnaître certains lieux qui ont été aménagés depuis peu de temps et s'étonne de la présence de lampadaires. Après avoir fait le tour des chapelles et acheté quelques petits bracelets aux moines, nous faisons la kora autour d'un petit mont en contrebas de la falaise et Marion me désigne les grottes encore non aménagées au-dessus de celles que nous avons visitées. Des ermites y vivent toujours, et les habitants leur portent parfois de la tsampa.
La montagne alentours est d'une beauté à couper le souffle : le jeu des nuages et du soleil crée des lumières d'une pureté totale, nous sommes à plus de 4000 mètres. Nous observons les maisons des nomades reconnaissables à leur localisation en altitude (ici, rien ne pousse!) et aux troupeaux de yacks alentours. Les nomades vivent souvent dans des maisons en dur l'hiver, mais ils changent de lieux de pâturage et donc de maison l'été, certains vont vivre sous tente à ce moment-là. Ils vivent de plus en plus difficilement de l'élevage des yacks qui fournissent lait, beurre, laine et viande aux agriculteurs en échange d'orge (sous forme de tsampa) et autres nourritures des plaines. Mais l'arrivée de viandes et de produits laitiers importés ruinent le système d'échange ancien.
Nous nous arrêtons sur la descente pour boire et nous purifier à la source de la Tara verte, la protectrice du Tibet : c'est une semaine spécifique, avec l'apparition annuelle d'une étoile réputée. Lors de cette semaine, les Tibétains se nettoient et nettoient leur intérieur avec un soin particulier, c'est pourquoi ils tiennent à se rincer les yeux, la bouche, le haut de la tête avec cette eau réputée. Je ne sais pas si elle a un pouvoir, mais elle est pure et délicieuse.
Nous rentrons et je sais déjà que cette journée-là restera la plus belle de celles que j'ai passé au Tibet !

Commentaires

  1. Mille mercis pour ces beaux récits de ce voyage exceptionnel ! Hâte que tu me racontes tout ça de vive voix... et de lire les textes que le Tibet t'aura inspirés. :)

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