Mary Shelley


Vendredi 24 août 2018,

Aujourd'hui, c'est la saint Barthélémy, c'est toujours une journée étrange pour moi. Et aujourd'hui, j'ai en effet vécu une drôle de journée. J'ai passé pas mal de temps à préparer mon voyage au Tibet : j'ai écouté longuement la voix de Marion que je vais rejoindre là-bas pour continuer à préparer le travail que nous ferons sur place. Je suis subjuguée par les moments de vérité qui soudain éclosent dans les enregistrements de ces monologues ou des dialogues entre nous à propos de l'humanité, des notions de choix, d'indépendance. J'essaye de les retranscrire en gardant leur saveur.
J'ai eu mon éditrice de chez Castelmore au téléphone pour parler de la fin du travail sur les Loups, les ultimes corrections, le départ en maquette, le BAT.
J'ai eu aussi Agnès Marot, parce que j'aime parler avec elle et elle a trouvé un titre pour l'histoire de Milad, un titre qui me plaît bien : 21 jours pour sourire. Cela sortira chez Scrinéo en mars sans doute. En même temps que l'histoire de Salim qui s'appellera Ce caillou dans ma chaussure (merci Maëlig Duval pour le titre, je veux bien ton aide pour Banana bread !) grâce à Sandrine Scardigli, qui va l'éditer, tout comme elle édite Maëlig. J'ai justement reçu le livre de Sandrine, Anacalypse, qu'elle m'a dédicacé et envoyé avec tant de gentillesse, j'ai hâte de lire la version finale, je garde un souvenir ému de la version en travail.
Et puis surtout, nous sommes allés au cinéma avec mon amoureux et nous avons vu le biopic de Mary Shelley...
C'est ce qui me donne envie de reprendre la plume pour écrire sur la littérature comme je l'ai fait longtemps sur ce blog. Je suis exaltée par ce biopic et je sors de là avec une question : comment vivre autrement qu'en littéracie quand on y est né, qu'on y a grandi et qu'on a enfin trouvé sa voix et sa voie dans ses paysages ? Et surtout... pourquoi vivre autrement ?
Le monde réel n'est pas sans issue puisque la littéracie est juste là, à côté, en marge et au centre si tant est que l'on se saisisse d'une plume, qu'on aligne les mots sur son ordinateur. Voilà soudain que les personnages deviennent les yeux et la bouche de ce qui ne peut s'incarner autrement.
Je suis complètement folle de Frankenstein, c'est une oeuvre majeure bien évidemment dans la Littérature, le début d'une nouvelle ère de création, ah pas la seule, certes, mais tout de même, un monument ! Mais c'est aussi un portail dans mon parcours. La fascination qu'exerce sur moi cette oeuvre, créée par une si jeune femme dans un monde où l'écriture était réservée encore aux hommes, est quasiment sans égale.
La créature qu'a inventée Mary Shelley est si juste et humaine, vibrante de ce désespoir profond qu'il est si compliqué de traduire sans trahir. Une créature métaphorique de la plus haute importance, une fantasmagorie fascinante : faire d'un monstre une des plus pures expressions de la souffrance humaine, quel génie !
Je suis enchantée. J'espère arriver à écrire ne serait-ce qu'avec un centième de son génie.

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