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Affichage des articles du août, 2018

Le don des morts : le personnage

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Parce que lundi je ratai le débat, aujourd'hui c'est Sallenave qui répond (et accessoirement parce que je travaille à autre chose : je suis en dédicace toute la journée à Lausanne et entre deux signatures, je compte boire des bières avec d'autres auteurs).

Sallenave, Le Don des morts, 1991
« Héros » d'Homère ou personnage de Balzac, ou simple voix, sans corps ni sexe, de la fiction moderne, le personnage est « entre deux mondes », issu de l'expérience imaginaire ou réelle de l'auteur, et de l'agencement « mimétique » de ses actions, le personnage vient vers le lecteur comme une proposition à achever. Pour parvenir à cette fin, l'auteur a dû lui-même se métamorphoser en un être de fiction, en une figure de pensée, le narrateur, qui se constitue dans l'ordre même qu'il impose à ses objets. L'auteur, en un sens, est devenu un personnage de son propre roman, il se met lui aussi à exister « entre deux mondes », entre le monde de la fiction et le…

Oublier mon père de Manu Causse

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Il y a quinze jours, j'ai dévoré le nouveau roman pour adultes de Manu Causse, Oublier mon père, qui est paru là, le 23 août, chez Denoël. C'est un roman de blanche, je précise pour mes nombreux lecteurs de SFFF. Voici le résumé officiel :

– Pas la peine de chialotter, je ne t’ai pas fait mal, m’assure ma mère chaque fois qu’elle me gifle. 

Sud de la France, années 90. Alexandre grandit auprès d’une mère autoritaire et irascible. Elle veut à tout prix qu’il oublie l’image de son père disparu prématurément. Bon garçon, il s’exécute. 
Devenu photographe, Alexandre se révèle un adulte maladroit, séducteur malgré lui, secoué par des crises de migraine et la révolution numérique. À quarante ans, il échoue dans un petit village de Suède pour y classer des images d’archives. Il lui faudra un séjour en chambre noire et une voix bienveillante pour se révéler à lui-même et commencer enfin à vivre. 

Oublier mon père parle de la construction de l’identité masculine, des mensonges qui nous han…

Mercredi, tout est permis

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Si je dois renouer avec le blog, je remets en vigueur la règle du mercredi, jour des enfants, j'ai pas le temps, donc je poste une connerie. Certes aujourd'hui, je n'en ai pas (des enfants, parce que des conneries, j'en ai toujours...) mais comme j'ai bossé comme un âne, fouettée par Agnès Marot qui ne m'a même pas autorisée à me nourrir, je n'ai pas eu le temps de tenir mon journal. Alors du coup, c'est une occasion idéale de remplacer ma prose par une traduction en image de ma pensée du jour :



Have fun, à demain !
(j'ai prévu de vous parler bouquins)

Une pensée laissée en suspens

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Je renoue avec ce blog et j'en explore les profondeurs pour tenter d'y retrouver le fil d'une pensée laissée en suspens. Comme une pelote qui aurait roulé sous le meuble, dans un coin inaccessible, et que l'on cherche à récupérer. Sauf qu'en tirant sur le fil, on défait la pelote et qu'elle finit par perdre sa forme jusqu'au moment ridicule où l'on arrive au bout du bout et que la pelote n'existe plus. On a juste un gros tas de laine emmêlée entre les mains et il faut la rembobiner... mais comment faire ?
Elle n'est jamais si parfaite et ronde que celle dont on a le souvenir, hélas.

Pour filer la métaphore (uh uh, que de jeux de mots), voici que j'ai retrouvé ce soir, au gré d'une discussion avec mon amoureux, un texte de Mauriac sur le personnage de roman (Le Romancier et ses personnages - 1933)

"On ne pense pas assez que le roman qui serre la réalité du plus près possible est déjà tout de même menteur par cela seulement que les h…

Programme de l'automne

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Chers lecteurs, au cas où vous ayez envie de venir me dire ce que vous pensez des bêtises que je raconte ici, vous pouvez me rencontrer cet automne :

en Suisse, à Morges, de vendredi là à dimanche qui suit (du 31 août au 2 septembre donc)
http://www.lelivresurlesquais.ch/auteur/silene-edgar/

à Gradignan, à côté de Bordeaux, du 11 au 14 octobre, à Lire en poche
http://www.lireenpoche.fr/salon/2018/auteurs_invites/silene-edgar-940.html

à Montreuil, du 29 novembre au 3 décembre (peut-être pas tous les jours, mais bon, on verra quand on y sera)
http://slpjplus.fr

J'attends encore des nouvelles de deux ou trois autres salons, je vous en dirai plus en temps voulu !

C'est un monde !

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Un ami écrivain m'a fait lire les premières pages de Noé, de Jean Giono et j'en suis toute retournée : Noé est un livre que Giono a écrit après Un roi sans divertissement, roman qu'il a mis 500 jours à écrire et dont il peinait, apparemment, à sortir. Noé est donc une sorte de réflexion sur l'après-roman.
En effet, il a encore besoin d'écrire, il n'a pas tout dit, il n'a pas donné tout ce qu'il sait des personnages et le monde du roman reste superposé à son monde réel. Il en fait une description saisissante.
Je n'ai lu que le début et je connais mal Giono, que je n'ai pas ouvert depuis 20 ans, à vrai dire. Mais la poésie du début de Noé m'a saisie immédiatement, à travers deux magnifiques descriptions, le portrait de Delphine, si belle :
"Tu n'as pas parlé de ses beaux yeux d'amande verte, de ses épais cheveux noirs, de sa peau pâle, bleutée comme un lait reposé, de tout ce que Saucisse n'a pas vu ou n'a pas voulu dire et…

Questions 3 à 13

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Bon, il y a quelques semaines (hum)... mois. J'avais essayé de partager l'interview de ma pomme réalisée par Solène Hervault, étudiante en lettres et j'ai arrêté au bout de deux questions parce que j'ai oublié et je suis passée à autre chose. Je m'en suis aperçue, consternée, longtemps après, mais comme personne ne semblait réclamer, j'ai renoncé, un peu navrée par ma propre négligence. Sauf que c'est quand même vraiment irrespectueux du travail de cette étudiante alors la suite, d'un bloc, émaillée de quelques illustrations choisies avec soin.

Question 3 : Quelles sont vos méthodes de travail ? Avez-vous une technique comme un travail de montage en usine pour créer pièces par pièce votre roman ? 



On dit souvent qu'il y a des écrivains architectes, qui construisent les plans avant l'écriture, et les jardiniers, qui laissent pousser sans plan prédéfini. Cette deuxième option me terrifie, mais je ne suis pas une architecte très pointilleuse : j&#…

Mary Shelley

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Vendredi 24 août 2018,

Aujourd'hui, c'est la saint Barthélémy, c'est toujours une journée étrange pour moi. Et aujourd'hui, j'ai en effet vécu une drôle de journée. J'ai passé pas mal de temps à préparer mon voyage au Tibet : j'ai écouté longuement la voix de Marion que je vais rejoindre là-bas pour continuer à préparer le travail que nous ferons sur place. Je suis subjuguée par les moments de vérité qui soudain éclosent dans les enregistrements de ces monologues ou des dialogues entre nous à propos de l'humanité, des notions de choix, d'indépendance. J'essaye de les retranscrire en gardant leur saveur.
J'ai eu mon éditrice de chez Castelmore au téléphone pour parler de la fin du travail sur les Loups, les ultimes corrections, le départ en maquette, le BAT.
J'ai eu aussi Agnès Marot, parce que j'aime parler avec elle et elle a trouvé un titre pour l'histoire de Milad, un titre qui me plaît bien : 21 jours pour sourire. Cela sort…

Nouveaux millénaires

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Après Fortune cookies, Banana bread (titre provisoire), anticipation pour adultes, presque 300 000 sec, ça avance. C'est du bonheur. Parution prévue en 2019 chez Nouveaux millénaires.