Sur 42 jours

Voici une interview à laquelle j'ai répondue pour Florian, un élève de 2nde, qui a décidé de présenter 42 jours, dans sa version dys, lors d'un exposé en français.


Interview réalisée par Florian FERRARINI, Novembre 2017

Votre livre 42 jours publié aux éditions Castelmore avait déjà été publié aux éditions Imaginemos sous le litre Le Manoir en folie. Pourquoi avoir publié à nouveau le livre en changeant le titre?

Mon roman Le Manoir en folie a une histoire un peu particulière, et assez triste : c’est un ami éditeur, Xavier Décousus, qui m’a fait écrire ce roman. Nous avions dans l’idée de faire 2 tomes, le premier correspondant à la première partie de 42 jours. Je l’ai donc écrit et envoyé à Xavier qui me l’a fait retravaillé et corrigé en août 2013. Hélas, en octobre, Xavier a appris qu’il avait une grave maladie et il nous a quitté en décembre. Son ami et collègue, Jean Gomez, lui avait promis qu’il le publierait, ce qu’il a fait en septembre 2014. En 2016, le livre n’étant plus disponible à la vente, ma nouvelle éditrice, Barbara Bessat-Lelarge, m’a proposé de le reprendre pour le finir, avec cette deuxième partie qui était prévue à l’origine, et j’ai donc repris la plume pour écrire la deuxième moitié de ce qui est devenu 42 jours en 2017. Nous avons changé le titre car le livre avait doublé de volume et que le premier titre ne correspondait plus qu’à la moitié de l’histoire.

Pourquoi ne pas avoir bâti le livre sur 42 chapitres lors de la publication sous le titre 42 jours?

En fait, 42 jours présente 38 chapitres + l’épilogue et les annexes. Ce qui fait 40. Si on ajoute les remerciements et la dédicace, cela fait exactement 42 “morceaux”. Pour moi, c’est important de faire entrer dans la composition du livre ces éléments annexes, qu’on appelle paratexte, car ils comportent des éléments essentiels à la compréhension de l’ensemble : comment j’ai écrit, avec qui, pour qui, comment je me suis documentée, etc.

Pour 42 jours, vous êtes-vous inspirée d’une histoire vraie ou bien d’une histoire purement imaginaire?


42 jours est un mélange de fiction et de réalité : tout d’abord, je me suis appuyée sur de nombreuses recherches historiques pour le cadre de l’histoire. La chronologie historique est respectée, ainsi que les gestes et habitudes du quoitidien. Sacha et Jacob n’ont pas existé réellement, mais le manoir de Kernault existe et il a vraiment appartenu à de la famille éloignée. C’est pour cela que le banc de Kernault est en possession de mes beaux-parents ! Pour la partie qui se passe en zone libre, j’ai aussi beaucoup pris d’éléments réels : les soeurs du couvent de Vaylats et les habitants d’Escamps ont réellement aidé à cacher une famille et mon arrière-grand-mère, Noémie, ainsi que mon grand-père Edmond et ma grand-tante Marguerite vivaient dans ce village et ont aidé les gens de passage quand ils le pouvaient. L’asile où vont se réfugier Louis XIV, Victor Hugo, les Napoléons et Shere Khan existe aussi, il a été un havre de paix dans la tourmente de la guerre. Paul Éluard s’y est d’ailleurs réfugié quand il a dû fuir la zone occupée. Enfin, Paul Corazzi est un homme qui a aidé les enfants du camp de Rivesaltes a échappé à la déportation.

Pourquoi avez-vous choisi d’écrire sur le thème des guerres mondiales, thème que l’on retrouve notamment avec 14-14?
 
En fait, 42 jours est le 4ème roman historique que j’écris, avec une ambition particulière : évoquer les moments les plus tragiques de notre histoire pour aider votre génération à les comprendre d’une part, et vous permettre de faire le parallèle avec ce que nous vivons aujourd’hui. Les deux guerres mondiales ont bouleversé notre histoire, nous en portons et porterons encore longtemps les conséquences. Or vous êtes les citoyens de demain, et je trouve important que vous compreniez ce que nous avons tous en héritage, les erreurs commises par nos anciens, mais aussi les bonnes choses qu’ils en ont tiré, comme la sécurité sociale pour tous, le refus de la guerre, le rejet du racisme, la laïcité.
Les deux autres romans concernent les guerres entre catholiques et protestants au XVIème, dans Adèle et les noces de la reine Margot, et l’avènement du pouvoir absolu de Louis XIV, en 1661, qui a plongé le pays dans un type de dictature dont nous ont débarrassé les révolutions de 1789, 1830, 1848 et 1871. Cette monarchie absolue a fait de nombreuses victimes dont les femmes, et je parle de ce sujet dans Les Lettres volées.


Vous avez choisi de publier vos livres en version pour les dyslexiques, pourquoi avoir fait ce choix? Quelles sont les différences entre les deux versions?

Ce choix n’est pas vraiment le mien à l’origine, c’est Barbara Bessat-Lelarge qui a créé cette collection particulière chez Castelmore. Elle a commencé en 2015, avec Comme un poisson dans l’arbre, un texte très beau sur la dyslexie. Depuis, de nombreux ouvrages de la collection ont fait l’objet de cette publication spécifique, dont les miens, et Bleuenn Jaffres, la nouvelle éditrice de Castelmore en prévoit encore d’autres ! Les efforts portent sur différents points : format semi-poche, utilisation de la police Dyslexie© en caractères agrandis, interlignes importants, mise en page aérée, alignement à gauche… sans pour autant changer le texte qui est quasiment le même que dans la première version. Certaines phrases ont juste étaient coupées en deux, par un point au lieu d’une virgule.

D'où vous est venue l’envie d’écrire des livres?

Ouh la, c’est une vaste question ! J’aime écrire, déjà. J’aime partager, surtout. Et j’ai une grande imagination !

Quelques liens : 


La collection DYS de Castelmore : http://www.castelmore.fr/dys

Le dossier pédagogique sur 42 jours : http://www.castelmore.fr/enseignant/

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