dimanche 24 avril 2016

Dumas et moi

Cela fait fort fort longtemps que je n'écris plus dans mon journal désintimisé de manière régulière et l'occasion faisant le larron, je me dis que la sortie prochaine de mon dixième roman sera un bon moteur pour me bouger le derrière. Voici donc une série d'articles (oui, c'est le premier, mais il y en aura d'autres, juré, craché) sur Les Lettres volées, mon prochain ouvrage.
Le roman sort le 18 mai 2016, c'est un roman jeunesse historique, purement historique, sans une once de fantastique. Je laisse donc derrière moi l'idée commune de 14-14 et Adèle et les noces de la reine Margot qui était la comparaison de deux époques pour me consacrer à une seule période : le XVIIème.
Très précisément, l'histoire se passe en 1660-1661, dans les mois qui précèdent la chute de Nicolas Fouquet le surintendant des Finances de Louis XIV. Si vous n'y connaissez rien sur cette période, ce n'est pas bien grave, j'ai conçu le livre pour des ados qui eux-même n'y connaissent pas grand chose. Cependant, si vous êtes curieux, je peux vous indiquer mes sources principales... les Lettres de Mme de Sévigné, la mère de mon héroïne et Le Vicomte de Bragelonne d'Alexandre Dumas, que je vous conseille vivement (le second, pas les premières).
Pour Sévigné, vous vous rappelez sans doute, si vous êtes un lecteur assidu de mes articles, que j'ai subi sa prose pendant mon année d'agrégation... j'en parle là : http://augredemeshumeurs.blogspot.fr/2014/01/ce-matin-je-prouve-ce-que-je-dis_3.html
Quant à Dumas, c'est un auteur que j'affectionne particulièrement, à l'image des fondateurs de Bragelonne, ma maison d'édition. Et j'aime tout particulièrement l'ouvrage qui a donné son nom à cette dernière. Lise Syven, qui l'a lu sur mon conseil, ne me démentira pas, c'est drôle, c'est enlevé, c'est bourré de rebondissements ahurissants et, pour les fans des 4 Mousquetaires, c'est une fin savoureuse. J'ai lu avec un immense plaisir Dumas dans La Reine Margot, qui a inspiré mon précédent roman (en fait, Adèle est mon 3ème roman, quoiqu'il soit paru en 9ème place dans ma bibliographie de plus en plus conséquente... ouh, j'ai peur). Cet écrivain prolixe a eu du mal à faire reconnaître son talent de tous, du fait de son métissage, mais c'est un homme qui a malgré ces inimitiés racistes, soulever une grande admiration à son époque. J'ai visité le musée Carnavalet en suivant ses traces lors d'une très intéressante conférence en son honneur.

Loin de ne m'inspirer de Dumas que pour le cadre de son histoire, je lui ai aussi pris deux autres
éléments importants de ses habitudes de création. Dans un premier temps, j'ai suivi sa façon d'améliorer l'histoire pour en faire une fiction bourrée de scènes et d'actions probables mais non avérées. Rien, dans Les Lettres volées, n'est contraire à ce que l'histoire nous enseigne sur Mlle de Sévigné, Fouquet et son cercle littéraire (La Fontaine, Corneille, Scudéry...). Pour autant, rien n'est sans doute vrai. C'est le plaisir du roman historique, s'appuyer sur des faits, des détails, des dates et combler les vides, imaginer les conversations, créer des liens et des intrigues. Cela me passionne. Je l'ai fait encore, pas plus tard qu'hier, dans ma microphéméride du 24 avril : j'ai appris que Bérold de Saxe, un chevalier médiéval, avait trucidé la femme de son oncle l'empereur et l'amant de celle-ci. Pourquoi ? Pas d'explication très claire. La loi chevaleresque explique qu'il a protégé ainsi les intérêts de son oncle et seigneur. Mais pourquoi Othon III l'a-t-il donc exilé suite à cela ? Il y avait baleine sous caillou ! C'est là que je me suis amusée à imaginer une histoire de coucheries et que j'ai trouvé, pour faire bonne mesure, une explication à la naissance d'Humbert et Hermengarde, ses enfants dont on ne sait pas trop non plus d'où ils sortent. C'est là : http://microphemeride.surlebout.net/2016/04/24/24-avril-3/#.Vx0TUmPHySM
Les Lettres volées, c'est le même principe, mais sans violence. Au contraire, c'est drôle, c'est pêchu (je m'autofélicite, mais je crois vraiment que c'est assez réussi de ce côté-là, parce qu'on me l'a dit...)
L'autre point sur lequel je me suis inspirée de mon maître Dumas, c'est dans la rapidité d'écriture. Moi qui suit d'ordinaire lente comme un escargot neurasthénique, j'ai cette fois écrit très très vite.
"Tu mangeras quand tu auras écrit !" me disait mon mari. Faut dire que j'avais comme qui dirait un peu fait n'importe quoi... je devais livrer mon texte à Barbara (éditrice de mon coeur) fin novembre. C'était un peu juste en terme de correction et je ne devais pas me planter...  à la fin de l'été, mon texte était écrit en partie quand un malfrat m'a volé mon ordi fin août. Et, buse que je suis, je n'avais pas fait de sauvegarde ! Donc il a fallu tout réécrire. Mais j'étais un peu occupée avec mon mémoire de Master sur Harry Potter. Et je me suis donc retrouvée le 21 octobre avec rien. Rien du tout. Nada, que dalle.
AAAAAAAAAAAARRRRRGGGGGHHHH

C'est pas grave, me suis-je dit pleine d'optimisme, je vais transformer l'écriture de ce roman en performance, je vais faire comme Dumas, écrire à fond la caisse, avec l'exigence de produire un premier jet de qualité pour ne pas avoir de corrections à faire avant d'envoyer. J'ai rassemblé ma doc, mes souvenirs, ma créativité, je me suis concentrée exclusivement sur le roman. Heureusement, j'avais énormément bossé avant, j'avais une idée limpide de ce que je faisais, des souvenirs précis du premier texte, et une excellente connaissance de mon sujet grâce à l'agrégation.
Et j'ai réussi !
40 jours plus tard, j'ai livré un premier jet propre et clair, dont je n'étais pas fier mais qui, ô miracle, s'est avéré moins mauvais que je ne le pensais et, j'avoue, même assez bon.

On l'a corrigé depuis quand même, hein, n'allez pas croire que je vous ai bâclé le travail. C'est un roman dont je suis fière pour ses références bien plus que pour la performance.
J'espère ne pas paraître trop orgueilleuse, mais quand même, c'est un sacré boulot que j'ai réussi à faire là, alors je me vante un peu, ça me fait du bien pour trouver le courage d'écrire le prochain !!


2 commentaires:

  1. Du beau boulot, oui ! Hâte de le voir en librairie !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Quand Nadia trouve que j'ai bien travaillé, je saute au plafond ! Merci !!

      Supprimer