A propos du voile

Quelques citations de l'excellent essai de Chandortt Djavann, Bas les voiles :

"Le voile n’est nullement un simple signe religieux, comme la croix, que filles ou garçons peuvent porter au cou. Le voile, hijabe, n’est pas un simple foulard sur la tête ; il doit dissimuler entièrement le corps. Le voile, avant tout, abolit la mixité de l’espace et matérialise la séparation radicale et draconienne de l’espace féminin et de l’espace masculin, ou, plus exactement, il définit et limite l’espace féminin. Le voile, hijabe, c’est le dogme islamique le plus barbare qui s’inscrit sur le corps féminin et s’en empare."

"La construction de l’identité féminine et de l’identité masculine dans l’islam repose sur Hojb et Hayâ de la femme et Nâmous et Qeyrat de l’homme. Ces mots chargés de sens véhiculent des poids traditionnels lourds, des qualificatifs qui sont propres à chaque sexe et qui ont été transmis de génération en génération à travers les siècles. Ils n’ont pas d’équivalent exact dans la langue française, mais leur traduction approximative serait la pudeur et la honte de la femme et l’honneur et le zèle de l’homme. [...] Le corps de la femme, garant de l’honneur sexuel de l’homme, ce tabou non avoué, ne peut être dehors, libre, sous les regards illicites des autres hommes. C’est l’identité de l’homme musulman, l’honneur d’être un homme, qui en dépend. La femme non voilée peut ébranler l’édifice de l’identité masculine dans l’islam. La littérature et le cinéma subversifs nous ont montré parfois ces hommes musulmans perdus à jamais car la fille, la femme, la sœur ou la mère a transgressé les dogmes de la pudeur.

Hojb et Hayâ de la femme, la pudeur et la honte de la femme, sont les garants et l’expression de l’honneur et du zèle de l’homme musulman. Plus une femme est honteuse et pudique, plus son père, ses frères, son mari ont de l’honneur et du zèle. Autrement dit, la construction de l’identité masculine chez les musulmans est tributaire de la pudeur et de la honte de la femme. L’honneur et le zèle de l’homme musulman, sans lesquels il n’est rien, sont à la merci du voile de la femme. Tout contact, toute tentative de rapprochement entre les deux sexes déshonore l’homme musulman. Ce n’est pas la relation sexuelle qui est un tabou; l’autre sexe, le corps féminin, est en soi un tabou."

"Cela signifie [...] que ce symbole est à double sens (ce que l'on cache, on le montre, l'interdit est l'envers du désir), mais parce que le port du voile met l'enfant ou la jeune adolescente sur le marché du sexe et du mariage, la définit essentiellement par et pour le regard des hommes, par et pour le sexe et le mariage."

"Imposer le voile à une mineure, c’est, au sens strict, abuser d’elle, disposer de son corps, le définir comme objet sexuel destiné aux hommes."

"Ce n’est pas au nom de la laïcité qu’il faut interdire le port du voile aux mineures, à l’école ou ailleurs, c’est au nom des droits de l’homme, et au nom de la protection des mineures."

Chandortt Djavann, Bas les voiles

"C’est une idéologie fasciste islamiste qui tente de pénétrer les infrastructures républicaines. Elle essaye de convertir les ressentiments, les frustrations de la population d’origine musulmane en une énergie religieuse, une religiosité exacerbée.
Le voile prime sur le drapeau et l’Islam sur la nation.

Où sont ces intellectuels de salon complices de la barbarie islamique quand, en France, on force des fillettes à se murer dans une prison portative ?"

Chandortt Djavann, Je ne suis pas celle que je suis

Pour finir : "Ces femmes n'échappent à l'exclusion que par l'aliénation."

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