dimanche 20 décembre 2015

Dragon de glace de George R.R. Martin


Voici pour les jeunes gens et les fans de G.R.R. Martin un bien agréable conte d'hiver : déjà publié par ActuSF dans un recueil de 4 nouvelles, le texte de l'auteur de Game of Thrones est ici superbement illustré par Luis Royo, qui a l'habitude de travailler dans l'univers de fantasy, plutôt pour adultes. 

Bel ouvrage, le conte suit une petite fille dont la différence vient d'une naissance terrible puisque la petite a perdu sa mère. Le monde dans lequel elle grandit est dominé par l'hiver et l'affrontement de deux armées qui finissent par menacer son village. Son oncle, dragonnier, est engagé dans les combats. Adara a un père et un frère aimants, mais elle-même n'est pas capable de montrer ses sentiments, elle est repliée sur elle-même comme pourraient l'être les enfants traumatisés dans notre réalité. C'est un conte touchant dans lequel apparaissent des dragons de feu ou de glace, créatures fabuleuses mais non invincibles, ce qui donne à l'ami d'Adara une humanité certaine et dynamise le récit. Les rebondissements sont nombreux, le style de Martin toujours aussi puissant. 

Les illustrations de Royo, toutes en bleu, blanc, gris, sont splendides et donnent une grande saveur à la lecture, justifiant un prix un peu élevé pour un conte assez court. Pour les fans de la grande saga du maître américain, ils auront le plaisir de s'imaginer cette histoire dans l'univers du Nord, ou peut-être plus près de Westeros pendant une période d'hiver. 

Un bel ouvrage, à (s')offrir à Noël ?

Dragon de glace, George R.R. Martin, illustré par Luis Royo (Flammarion)
disponible le 14 octobre 2015
9782081365186 – 12,90€
à partir de 9 ans

Adara est née un jour de grand froid. On dit que le vent d’hiver l’a marquée de son souffle bleu et glacé lors de sa naissance. La petite fille grandit, dans un monde en guerre, où l’hiver tarde toujours à s’en aller et où elle retrouve à chaque anniversaire le dragon de glace, créature fabuleuse que l’on dit indomptable.

Une sale affaire, les dragons de glace, dit Hal cet été-là. Tu sais, ils ne ressemblent pas aux vrais dragons. Nul ne peut les dresser. Il paraît qu'on a retrouvé gelés, fouet et harnais en mains, ceux qui ont essayé.

D’un blanc cristallin, ce blanc dur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d’un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds, glacés. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche. S’il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait. S’il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n’en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs. La dragon de glace soufflait du froid.

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