Viendez pas pleuré...



Préambule : article écrit au début de la réforme des collèges, il y a deux ans, en mai 2015. Colère et incompréhension. Aujourd'hui, avril 2017, la réforme est appliquée et je quitte définitivement le collège en juillet, désabusée malgré l'excellent travail d'équipe que nous avons fourni pour sauver les meubles. Dépit et résignation.

Penser que ma fille Manon ne pourra pas apprendre le latin ni le grec, qu'elle ne pourra pas avoir d'horaire renforcé en langue, qu'elle n'aura aucune idée de la chronologie historique en littérature, me rend malade. 

Je ne comprends pas que l'avenir de vos propres enfants ne vous émeuve pas, je ne comprends pas que vous ne soyez pas en train d'écrire au ministère, d'organiser des pétitions, de prendre une journée pour manifester comme je l'ai fait pour ma part, même si ça coûte à la fin du mois. L'avenir des enfants est-il moins important que de dénoncer le terrorisme, que la liberté de tous à se marier, que de dégager les fachos ou de défendre le droit des femmes ? Ne pensez vous pas que c'est justement cette école au rabais qui créera des idiots racistes, bigots, misogynes et homophobes ? Imaginez-vous que vous pourrez compenser à la maison ? Et dans la maison voisine, quelqu'un compensera-t-il ? 

Parfois, souvent, je ne sais pas pourquoi je me lève pour aller enseigner à vos enfants alors que vous-même n'en avez rien à faire. Vous avez laissé passer la réforme de la primaire, vous avez laissé faire la réforme du lycée et maintenant celle du collège. Conclusion, vos enfants ont 3h à 4h de cours en moins par semaine de la maternelle à la terminale. Ca fait 2 ans de cours en moins sur l'ensemble de leur scolarité. Et vous continuez à incriminer l'école, les enseignants, les programmes ? Ouvrez les cahiers de vos enfants, regardez... voilà le résultat de la diminution d'un tiers de l'horaire de français dans les écoles depuis l'époque où vous étiez petits... alors qu'il nous faut leur apprendre en plus à maîtriser l'informatique et à comprendre/utiliser les médias ! 

J'ai envie de démissionner chaque semaine. Et je vous en veux d'avoir regardé ce gâchis se faire sans rien dire depuis 10 ans. Feignantise, lâcheté, négligence... 
Voilà ce que nous pourrons bientôt graver au fronton de notre république.

Con-clusion : Viendez pas pleuré, vous auré byen mérités.

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