La littérature jeunesse : Comme si c'était mal.


En tant que prof de français, auteur jeunesse et responsable de Callioprofs, je défends le droit des enfants à lire ce qu'ils veulent et la responsabilité des parents à vérifier leurs lectures.

Nombre de parents me demandent que faire lire à leurs enfants. Ils se lamentent parce qu'ils lisent surtout des BD, ou de la fantasy. Comme si c'était mal. Mais non, c'est très bien ! Laissez-les lire leurs BD et leurs romans de dragons (qui sont souvent très très bons) et si ça vous hérisse vraiment le poil (je ne sais pas bien pourquoi, mais votre psy vous le dira), glissez leur d'autres romans sous la main de temps en temps.
Pas que des classiques, ouh là, non, bien au contraire... ils sont trop petits pour la plupart des classiques. On ne lit pas Zola, Stendhal  et Balzac à 11 ans,  ni même à 12, et en fait, pas encore à 13 ans... si ? Ils le feront à l'école, avec un prof dont c'est le boulot d'expliquer aux enfants l'importance de connaître ses classiques.

Alice par Chauvel et Collette
Mais à la maison, le mieux, c'est de proposer les romans pour enfants et ados, (si vous voulez vraiment des classiques, parce que vous êtes un peu mono-maniaque de ce point de vue là, il y a Peter Pan, Alice au pays des merveilles, les livres de Mark Twain, etc...) et surtout beaucoup de littérature jeunesse... et on évite absolument les romans classiques pour adultes (bon, OK, pas tous, vous pouvez vous lâcher sur Verne, Conan Doyle, Leblanc et Poe) ! Ils sont dans la bibliothèque, vos têtes blondes iront les chercher, par curiosité, parce qu'ils en ont entendu parler. Vous n'êtes pas encore convaincus ? Pourquoi cet acharnement de ma part ?

Parce que c'est trop compliqué de lire certains ouvrages au collège, parce qu'ils ne vont pas en profiter, parce qu'ils ont besoin d'apprendre plein de choses en histoire, en littérature et en philo avant de comprendre les classiques. Non, on ne peut pas comprendre Les Misérables sans avoir un peu idée de l'histoire du XIXème ! Ni lire Molière en 6ème quand les mouflets savent même pas qui est Louis XIV ou comment s'organisait la société. Ils le sauront en 4ème à l'école, c'est pas loin, on peut attendre un peu et faire lire d'autres oeuvres magnifiques et essentielles plutôt que de leur gâcher le plaisir, non ?
Photo-montage de Clémentine Mélois
Il est essentiel de leur faire lire des textes en français moderne pour ne pas multiplier les difficultés et leur apporter une connaissance de la langue plus solide. Lire beaucoup, c'est écrire mieux et bien.
Parce que honnêtement, on ne peut pas imposer aux enfants 500 pages de : C’est à dire que les matieres icy traictées ne sont tant folastres, comme le tiltre au dessus pretendoit. Et posé le cas, qu’on sens literal vo’trouvez matières assez ioyeuses & bien correspondentes au nom, toutesfois pas demourer là ne fault, comme au chant des Sirènes : ains à plus hault sens interpréter ce que par adventure cuidiez dict en guaieté de cueur. D'ailleurs, je suis sûre que vous n'avez pas lu Gargantua dans son jus pour 90% d'entre vous (et je compte large parce que je sais qu'il y a des profs de lettres parmi vous). Et c'est pas grave ! Ce qui serait dommage, c'est de ne pas le lire, jamais, parce qu'on en est dégoûté !

Des textes adaptés, donc. Ce qu'ils veulent en fait ! Ce qu'ils choisiront eux-même en entrant dans la bibliothèque ou dans la librairie. Même des histoires de princesses si votre mini-Cendrillon aime ça. Ou de guerriers si votre Jedi est fan. Il y a de très bons bouquins sur le foot, par exemple ! (Pub inside : Space League de NB Coste)
Des livres colorés, attrayants, de belle facture, qui parlent de tout ce qui les touche aujourd'hui mais aussi d'histoire, de la société, de demain grâce au fantastique, à la SF, à des romans historiques adaptés, à des journaux intimes, à des documentaires, des BD, du théâtre. Tous les genres sont représentés en littérature jeunesse et il y a des merveilles, prenez le temps de feuilleter avec eux, de fouiller. Et laissez-les lire ce qu'ils veulent !!!

Tout ce qu'ils veulent ? euh... Presque tout !
Parce que même si je suis persuadée de l'adage "l'important, c'est de lire", je ne pense pas que nos ados soient en mesure de déjouer tous les pièges idéologiques et il faut donc se méfier de certains livres qui prêchent des idées pourries, des idées racistes, des idées sexistes.

Un exemple type, c'est Twilight. Dans cette série de romans très lue, il y a des messages cachés, sans grand talent d'ailleurs, et qui vont à l'encontre des valeurs communes : il faut donc éviter de les laisser lire aux ados sans accompagnement, parce qu'ils sont influençables et qu'on n'a pas envie qu'ils deviennent racistes et sexistes, si ?

Quelles idées racistes ? Je vous fais le topo : dans ces romans, l'héroïne doit choisir entre ses deux amoureux.
L'un est blanc, riche, avec une belle voiture, il réussit brillamment à l'école, son papa est médecin, sa maman est femme au foyer, il a une maison magnifique, il vit en harmonie avec ses frères et soeurs et il est croyant (même que de ne plus avoir d'âme, ça le met très mal à l'aise), respectueux de l'institution du mariage (faut pas coucher avant d'être marié).
Le second est indien, avec une moto pourrie, il a abandonné ses études, son père est un chômeur handicapé, sa mère disparue on ne sait comment, il vit dans un taudis dans la réserve, il est violent et se dispute avec sa famille et il est animiste.
Devinez qui est tout le temps mis en valeur ? Qui la fille choisit ?

Quelles idées sexistes ? La demoiselle a très envie de coucher avec son copain, normal vu qu'elle a 17-18 ans. Mais lui non, parce que c'est pas bien de coucher sans être mariée. Donc ils attendent le mariage. Mais comme il est un vampire, il la bat au lit. Et elle trouve ça normal, elle lui dit que c'est pas de sa faute, le pauvre, c'est dans sa nature de la brutaliser. D'ailleurs ils arrêtent très vite de coucher parce qu'elle tombe enceinte tout de suite, comme c'est dit à la messe : on couche mais c'est pour enfanter, pas pour prendre son pied. 
D'ailleurs, comme elle est la digne petite-fillotte d'Eve, elle accouche dans la douleur. Elle meurt, même, dans une scène de césarienne sans anesthésie, huhu, paye ton bouquin jeunesse ! Et parce que décidément, c'est une vilaine fille, dévergondée et irrécupérable, elle perd son âme.

Conclusion : parents, laissez vos enfants lire ! Ne les obligez pas à lire des vieux classiques, ni à jeter Twilight (malgré sa nullité) mais lisez avec eux leurs livres, ça vous permettra de découvrir des merveilles, d'expliquer pourquoi vous trouvez que certains livres sont mauvais et de partager les bons avec eux !


Commentaires

  1. C'est beau. Un joli message à faire passer.

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    1. Merci Ioana ! Ca me rassure de te savoir dans la profession pour défendre aussi ces idées !

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  2. Et hop, je partage. Mes potes libraires vont t'adorer (si ce n'est déjà fait) ! :D

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  3. Un très bon article ! Néanmoins attention, Twilight n'a jamais été fait pour un public ado. Il s'agit de Young Adult, un genre destiné aux 18-34 ans. Et je trouve ça effectivement dommage que de plus en plus d'ados à partir de 13-14 ans se mettent à ce genre qui n'est pas fait pour elles.

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    1. Merci Miawka, je ne suis pas vraiment d'accord avec vous, le YA n'est pas un genre, c'est une case marketing dans laquelle on trouve de tout : mais il est certain que c'est aux parents de faire le tri quand il s'agit de mineurs, je ne jette pas la pierre à l'éditeur !

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    2. La catégorie du Young Adult ne s'adresse de toute manière pas au 18-34 ans ! Le Young Adult s'adresse aux adolescents... et aux jeunes adultes, c'est à dire environ entre 13 et la vingtaine. Après, il s'agit du New Adult. :)

      Par ailleurs, dire que le YA n'est pas fait pour ma tranche d'âge, (j'ai 16 ans), est complètement faux. On trouve des perles dans le YA, comme des livres vraiment moins bons.
      Cela ne regroupe qu'une tranche d'âge, comme le dit Silène. Et si ça ne s'adresse pas à nous pourquoi les héros/héroïnes ont toujours environ entre 15 et 18 ans ? Vivent leurs premières histoires , vont au lycée etc ?

      Sinon par rapport à l'article, je suis assez d'accord. Mes parents ont toujours essayé de me faire lire des classiques, mais aussi d'autres livres "de mon âge". De toute manière j'ai toujours adoré lire, c'est pour ça que dès la quatrième/troisième ils ont essayé de m'en faire lire. Au départ je me forçais, j'étais parfois un peu sermonnée et je prenais moins de plaisir à les lire mais maintenant : ça vient tout seul ! Comme quoi je pense que les parents doivent nous encourager, parce qu'on ne se dirige pas forcément tout seul vers ces livres mais pas insister coute que coute. Il y a des livres que j'ai lus à cette époque dont je ne me rappelle plus, et dont je ne comprendrai ainsi jamais le "sens caché"... Mais bon, ça ne fait pas de mal de les avoir lu !

      Pour Twilight, j'ai lu la saga, que j'ai considéré pendant un temps (que j'aimerais bien oublier) comme une de mes sagas favorites (hum hum). C'est vrai qu'à l'âge où je les ai lus (au collège) je ne voyais aucun sous-entendus. C'était juste une histoire d'amour, quoi. Mais maintenant, j'ai conscience de la vraie portée du livre, comme avec Narnia !

      Du coup, je me demandais, avez-vous lu l'autre roman de S. Meyer, Les âmes vagabondes, qui me paraît bien meilleur et sans sous entendus raciste ou autre ?

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  4. J'adore le résumé de Twilight, c'est exactement ! Je me suis bien marrée à les lire à l'époque, mais il est vrai qu'il ne faut les laisser qu'entre des mains prévenues...
    Ils resteront dans mon étagère, et si mes enfants souhaitent les lire plus tard, je m'assurerai qu'ils liront aussi tous les très bons autres livres de jeunesse de la même étagère. La variété fait le plaisir ! :)

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  5. Je trouve que c'est un beau message à faire passer !

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  6. Très carricatural et tiré par les cheveux le passage sur Twilight, on fusille la culture populaire!

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    1. Si vous lisiez régulièrement mon blog, vous ne m'accuseriez pas de fusiller la culture populaire. Bien au contraire. Je ne tiens donc pas compte de votre commentaire, cordialement.

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  7. C'est pas parce que vous n'avez pas apprécié Twilight qu'il faut en faire une interprétation aussi ridicule qu'abusive…

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    1. Ben si, justement, c'est parce que je n'ai pas aimé que je l'analyse, afin d'expliquer mon point de vue. Vous n'expliquez pas le vôtre par contre, Anonyme ! J'espère que vous vous donnerez cette peine !

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  8. Thuillier Virginie23 juin 2014 à 17:05

    Vous aimez pas twilight très bien mais je trouve votre parole déplacé

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  9. J'ai beaucoup aimé le ton décalé du billet, cependant, je pense qu'il oublie quelque chose dans l'interprétation de Twilight. Il a bien d'autres défauts, je le reconnais, mais aussi des qualités et de beaux messages (la famille est importante, tant que Bella refuse de s'en séparer même transformée, l'amour plus fort que tout...). Mais surtout, pour avoir justement lu ce livre vers 13/14 ans (c'est d'ailleurs grâce à cette saga que j'ai commencé à lire de gros romans), je ne pense pas qu'on intercepte vraiment ces "messages cachés". Lorsque je les ai lu, j'étais totalement folle de la saga, je dois bien l'avouer, mais je n'ai pas du tout perçu de sous-entendus racistes et sexistes. Je ne dis pas qu'il n'y en a pas, mais qu'à cet âge, on est pas encore assez mûrs pour s'en rendre compte. On se contente de prendre l'histoire au pied de la lettre, sans chercher à aller plus loin (c'est peut-être pourquoi les premiers commentaires de texte en seconde sont si difficiles xD). C'est pourquoi je ne crois pas que ce soit vraiment dangereux pour les pré-ados de lire cette saga sans "accompagnement" (parce que j'avoue avoir du mal à comprendre comment on peut accompagner une lecture car, pour ma part, la lecture a toujours été un moyen de m'évader, une activité solitaire, et y associer mes parents m'auraient au contraire incité à m'en éloigner...).

    Toutefois, je trouve que l'interprétation est bien trouvée car, aujourd'hui (à 17 ans donc), j'ai perdu mes illusions de petite fille et surtout, avec mon expérience de la littérature (on pourrait croire qu'à 17 ans, on n'en a pas, et pourtant !) j'ai appris à lire mes livres avec un regard plus critique (et après avoir lu des milliers de fois Twilight, j'ai bien fini par le décortiquer en entier xD).

    Voila, c'était mon petit avis.
    Cordialement et bonne continuation,
    Annalune.

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    1. Merci Annalune pour votre avis, il est très intéressant à lire et je comprends votre point de vue ! Bien à vous, à bientôt !

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  10. Pour ma part, j'apprécie cet article, mais j'ai un bémol, limite une objection, qui est tout à fait alimenté par le commentaire d'Annalune : l'adolescence, c'est aussi (surtout !) la période où l'on sort de son cocon, entre en conflit avec son entourage, développer le libre-arbitre, bref, la période où l'on découvre la contestation (pour de bon) et parfois la seule période où l'on peut contester de façon "acceptée" par notre entourage (et la société en général), avant de rentrer dans les moules usuels de celui-ci.
    Du coup, je trouve aussi très important que les ados lisent des titres que leurs parents n'approuveraient pas.
    Je les y invite, même.
    Autant je comprends que l'on puisse vouloir garder un oeil sur les titres qui tombent entre les mains des moins de 12 ans, autant après, désolée, mais il faut laisser ces gamins qui n'en sont plus faire leurs expériences, se planter, lire des trucs parfois choquants, pour qu'ils achèvent de se construire. Et de définir leurs propres goûts, en dehors d'une tierce influence qui leur dirait quoi lire, quoi aimer, quoi mépriser.
    Franchement, je doute que mon père aurait approuvé mes lectures de King, Koontz et autres Barker s'il s'était intéressé de près à ce que je lisais... (mon 1er King ? Simetierre, à l'âge de 13 ans).
    Si des ados ont envie de lire Twilight, tant mieux. De toute façon, un ado retient ce qu'il veut d'une lecture, c'est d'ailleurs flagrant quand on relit un roman des années après (on n'en fait pas forcément la même lecture).
    Conseiller d'accompagner la lecture de Twilight me parait très franchement abusif. Ce n'est pas Mein Kampf, non plus ! J'ai lu franchement pire et même s'il y a des aspects "puants" dans Twilight, de notre point de vue d'adulte, je pense que c'est comme dans la romance en général : les lecteurs ne prennent pas certains messages "au pied de la lettre". Je pense qu'il faut avoir confiance, les lecteurs ne sont pas des imbéciles et savent faire la part des choses (du moins la grosse majorité). Sinon, bien souvent, eh bien la réalité se chargera de leur mettre un peu de plomb dans la tête. ;)

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    1. Je suis plus ou moins d'accord : en fait, ça dépend vraiment des enfants. A partir de 14-15 ans, tous sont à peu-près dans ce que tu décris, en gros, assez grands pour lire ce qu'ils veulent et en tirer ce qu'ils veulent aussi. Entre 12 et 15, c'est plus délicat, ils sont très différents, certains (peu) sont déjà indépendants comme tu l'as été et les parents qui s'inquiètent des lectures de leurs enfants à cet âge-là sont souvent parents d'enfants qui ne sont pas encore prêts à lire des ouvrages pour adultes. Ma copine Sandrine, psy de son état, a lu aussi King comme toi, très tôt. Mais son fiston, au même âge, n'est pas du tout dans cette optique. Je le vois changer à vue d'oeil et je pense que l'an prochain, il aura passé la barre, il ne viendra plus me voir pour que je lui file des livres, il choisira tout seul. Du King ! Pour autant, je conseillerai toujours aux parents de partager ces lectures. Je ne suis pas d'accord avec l'idée que les ados doivent faire forcément leurs expériences tout seuls pour qu'elles soient valables ; ils en feront certaines seuls et d'autres accompagnés. Ce sont des gamins à 15 ans, tu devrais venir les voir !, même s'ils font semblant de ne pas l'être et leur faire confiance n'est pas forcément leur rendre service parce qu'alors, ils n'ont pas le droit de se planter alors que c'est justement l'âge où on se plante tout le temps. Dans les deux sens du terme.
      Quand à Twilight, tu exagères avec ton point Godwin : non, je n'ai pas envie que mes gamins pensent que c'est bien de l'amour cette relation sado-maso ultra-catho. Ce n'est pas la violence qui me gêne, ce sont les idées sexistes et racistes, ça me choque aussi dans les livres pour adultes. On parle aussi de violence, de meurtre, de viol dans la littérature pour ados, il n'est pas question de les surprotéger mais d'éviter les propos intégristes d'une auteur mormone. C'est éthique, pas morale.

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  11. Woaw ! Grâce à cet article, je viens de voir l'univers de Twilight différemment !
    J'aime beaucoup ta façon de parler et de voir les choses surtout.
    Merci pour tout ça :)

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  12. Attention, je ne prétends pas que seules les expériences réalisées tout seuls sont valables, loin de là ! J'affirme juste que pour beaucoup d'ados, elles sont nécessaires (et pour beaucoup d'autres, pas du tout, j'imagine, comme tu le dis si bien, chacun est différent). Et ça n'empêche pas d'avoir des lectures accompagnées à côté (l'idéal, c'est quand même d'avoir les deux).

    Sinon, mes excuses pour le point godwin, je n'aurais pas dû, ça m'apprendra à poster trop vite, surtout que je ne voudrais pas qu'on ne retienne que ça de mon intervention.
    Note que je ne critique pas Twilight parce que je ne l'ai pas lu, mais je comprends ce que tu en dis. Tout comme je comprends que les lecteurs qui ont aimé défendent le titre, car eux n'auront pas accordé d'importance aux propos intégristes que tu as vu et dénonces (du coup, ils ne seront a priori pas influencés par ces propos, ce qui est plutôt un bon point).
    Certaines lectures (et certaines que j'ai aimées !) contiennent ce genre de trucs qui me hérissent.
    Par ex, l'amour comme une co-dépendance sans laquelle seule la mort est valable, ça me fait horreur, pour moi ce n'est pas de l'amour non plus, ce genre de relation.
    Et... c'est ultra courant en romance mais aussi... en YA, j'ai l'impression (tu vas me dire, je commence juste à en lire sérieusement du YA, je manque encore d'expérience en la matière).

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    1. Ce que j'adore avec toi, c'est qu'en fait, on tombe d'accord, on a juste deux approches différentes qui ne demandent qu'à se comparer. Je suis contente aussi que des lecteurs viennent ici dire qu'ils n'y ont pas vu la même chose que moi, parce que je suis persuadée en effet que chaque lecture est une interprétation (cf les théories de la réception en littérature) !

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  13. J'ai adoré le ton de billet, Silène ;-)
    Et moi qui ai adoré Twilight, jen e suis pas choquée par ton avis car je suis pour l'ouverture d'esprit et j'entends les remarques négatives tant qu'elles sont constructives et je trouve que ça l'est ici.
    Je rejoins certains points que tu avances sans nul doute comme l'image très tranchée de la séparation sociale (même antisociale) avec l'opposition courantes les riches d'un côté, les moins nantis de l'autre. C'est assez vrai et c'est même un côté exaspérant de l'univers. Tout comme l'héroïne qu'on aime détester en quelque sorte aussi (je ne supporte pas vraiment le personnage à vrai dire, même si la représentation primaire de l'histoire d'amour m'a séduite). Concernant la "violence" conjugale, je serai plus nuancée car je l'ai davantage vu comme une épreuve du fait de la force du protagoniste et en ce sens, du point de vue de Bella qui l'en excuse. Maintenant, je pense que c'est comme dans tout, les goûts et les couleurs mais je trouve ton billet décalé et tout à fait intéressant !
    En revanche, concernant l'accompagnement, je dirais que tant qu'il y a diversité de lecture, je ne suis pas certaine qu'il faille accompagner cette lecture.

    Pour en revenir à la lecture même de la fantasy, je trouve que même dans l'univers professoral, c'est parfois mitigé. La SFFF a toujours beaucoup de mal à percer... et elle a la vie dure. C'est triste. J'aime toujours en parler avec passion car j'ai pu rallier à ma "cause" quelques personnes. Je ne désespère pas d'en rallier d'autres;-)

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  14. Très bel article ! J'aime beaucoup le ton.
    J'ai eu la chance d'avoir des parents qui ont eu cette approche : nous laisser choisir nos livres jeunesse et mettre à notre disposition leur bibliothèque. J'ai ainsi découvert Jules Verne vers 10 ans puis les classiques sans qu'ils me soient imposés ni interdits. Et à disposition des livres d'histoire, des atlas. J'ai lu le Tour du Monde en 80 jours avec un atlas à mes côtés.
    Je pense qu'en ouvrant les portes de leur bibliothèque, mes parents m'ont offert le monde. Et à l'âge adulte, nous avons continué à échanger nos découvertes. J'ai lu Harry Potter à plus de trente ans et mon père s'y est mis à 60 ans.
    Je suis d'accord sur le fait que les parents lisent régulièrement les livres de leurs enfants : cela peut leur permettre d'échanger sur un thème, de confronter leurs idées et de développer leur esprit critique.
    Quant à Twilight, les valeurs défendues me hérissent mais je pense que certains ados sont restés sur la romance sans avoir plus loin. Mais je pense que les parents doivent le lire pour en discuter avec eux.
    Les lectures de notre enfance et notre adolescence contribuent à nous construire en tant qu'adulte : ouverture d'esprit, culture, respect d'autrui, des cultures, des croyances.
    Merci encore d'avoir partagé ce billet avec nous.

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  15. J’ai beaucoup ri en lisant cet article, notamment les passages sur Twilight ;) Au-delà de cette critique que je partage, je pense qu’il est important de pouvoir échanger à ce sujet avec ses ados. « Es-tu d’accord avec ces valeurs ? ». Ces discussions peuvent donner lieu à des débats intéressants.

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