samedi 28 juin 2014

Nos vies, nos corps, nos familles, plus de droits pour tou-te-s !

Ce matin, je partage avec vous ce texte... que je ne peux qualifier sans le réduire. Cela fait longtemps que je pensais le donner à lire ici, mais il fait toujours trop triste pour ça. 

Mais aujourd'hui, c'est la gay pride alors je pense qu'il est de bon ton d'appeler à remettre "d'aplomb et d'équerre" une société qui après une belle avancée pour l'égalité des hommes et des femmes quels que soient leurs préférences sexuelles, impose de si perfides reculades.

Amis bien aimés,

Ma loulou est partie pour le pays de l'envers du décor. Un homme lui a donné neuf coups de poignards dans sa peau douce. C'est la société qui est malade. Il nous faut la remettre d'aplomb et d'équerre, par l'amour, et l'amitié, et la persuasion.

C'est l'histoire de mon petit amour à moi, arrêté sur le seuil de ses 33 ans. Ne perdons pas courage, ni vous ni moi, je vais continuer ma vie et mes voyages avec ce poids à porter en plus et mes 2 chéris qui lui ressemblent.

Sans vous commander, je vous demande d'aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Le monde est une triste boutique, les cœurs purs doivent se mettre ensemble pour l'embellir, il faut reboiser l'âme humaine. Je resterai sur le pont, je resterai un jardinier, je cultiverai mes plantes de langage. A travers mes dires, vous retrouverez ma bien-aimée ; il n'est de vrai que l'amitié et l'amour. Je suis maintenant très loin au fond du panier des tristesses. On doit manger chacun, dit-on, un sac de charbon pour aller en paradis. Ah ! Comme j'aimerais qu'il y ait un paradis, comme ce serait doux les retrouvailles.

En attendant, à vous autres, mes amis de l'ici-bas, face à ce qui m'arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu'un histrion, qu'un batteur de planches, qu'un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd'hui : Je pense de toutes mes forces qu'il faut s'aimer à tort et à travers.

Julos - nuit du 2 au 3 février 1975 - Ecrit après l’assassinat de sa femme par leur jardinier. (Texte dit par Claude Nougaro dans son album "Femmes et famines")

1 commentaire:

  1. Très beau texte, et en même temps tellement vrai.
    Certaines mentalités sont tellement véreuses, qu'elles contaminent l'air de ceux qui sont heureux.
    Hétéro, Trans, Homo, Bi = Love, love, love, love, et on s'en fout du reste !

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