Il ne nous reste qu'une chose à faire

Aujourd'hui, c'est mercredi et donc, je suis envahie par la jeunesse débordante et bruyante de la maison.
Qu'à cela ne tienne, je n'ai devant moi qu'une semaine pour parfaire ma préparation et j'ai choisi ce jour pour la question de l'apparat. J'vas chez le coiffeur, quoi.

Et je pensais hier à voix haute avec Nadia, que je vais poursuivre l'aventure de ce blog après le concours : j'ai encore toute une réserve d'images amusantes, de textes superbes et de réflexions sur les arts à partager avec vous, en plus des infos sur les bouquins. Or vous parler de mes chroniques ou de mes dédicaces est trop égocentrique pour quelqu'un qui a fait un journal désintimisé sur le net, non ? Je pense que je continuerai donc. Peut-être pas à un rythme aussi soutenu, mais tout de même. (Note pour moi-même : créer une page de site web pour regrouper les infos)

Et pour fêter ça une présentation de Marcel Schwob par Philippe Gontier, qui cite deux passages, l'un de Schwob, l'autre de Renard, qui disent tout ce que j'ai envie de dire aujourd'hui ! Et parce qu'Agnès Marot aime aussi Schwob !
Vous trouverez la suite de cette présentation et une sélection de 5 textes de Schwob à cette adresse : http://www.trussel.com/prehist/cinq.htm


"Marcel Schwob est l'une des figures majeures de la littérature fantastique française, et en particulier de ce qu'il est convenu d'appeler le "Fantastique fin de siècle". Mais ce label regroupe des personnalités fort diverses, comme Lorrain ou Richepin, qui s'accomodent mal des étiquettes et des écoles. Il en va de même pour Marcel Schwob, dont le curieux génie n'a pas d'équivalent et dont l'œuvre a, comme on va le voir, parfois flirté avec la science-fiction.

Dire que Marcel Schwob fut un homme de lettres est peu dire. Il fut - son existence durant - immergé dans la littérature, et l'on peut affirmer sans exagérer que les vies imaginaires (c'est d'ailleurs le titre d'un de ses recueils) contenues dans les pages des livres eurent plus de réalité pour lui que la vie réelle. Homme de lettres, homme de plume, poète, traducteur, lexicologue, philologue, conseiller littéraire, érudit, lecteur boulimique, rat de bibliothèque, familier des salons littéraires, Schwob fut tout cela, et le fut avec passion.  

Né à Chaville (Seine-et-Oise) en 1867, il est issu d'une éminente famille de rabbins, de docteurs, mais aussi et surtout de lettrés : son père avait cotoyé le mouvement parnassien et connu Banville, Gautier et Baudelaire ; son oncle était conservateur de la bibliothèque Mazarine ; l'un de ses cousins se fera un nom dans les lettres : Maurice Level. Très jeune, il se lie avec les meilleurs auteurs de sa génération, cultivant un éclectisme d'esthète au goût original mais sûr : les Goncourt, Jean Lorrain. Jules Renard, Rosny Aîné, Courteline, Willy, Colette (dont il fut le mentor). Octave Mirbeau, Anatole France ou Alfred Jarry pour la France, Oscar Wilde et Robert-Louis Stevenson pour l'Angleterre. 

A 25 ans il est déjà célèbre et reconnu, mais à cet âge pourtant peu avancé, il est également syphilitique et opiomane. Les premières lignes du conte intitulé Les Portes de l'Opium résument parfaitement son point de vue sur l'existence :

 "Je fus toujours l'ennemi d'une vie réglée comme celle de tous les autres. La monotonie persistante des actions répétées et habituelles m'exaspérait. Mon père m'ayant laissé la disposition d'une énorme fortune, je n'eus point le désir de vivre en élégant. Les hôtels somptueux ni les attelages de luxe ne m'attiraient ; non plus les chasses forcenées ou la vie indolente des villes d'eaux ; le jeu ne présentait que deux alternatives à mon esprit agité : c'était trop peu. Nous étions arrivés dans un temps extraordinaire où les romanciers nous avaient montré toutes les faces de la vie humaine et tous les dessous des pensées. On était lassé de bien des sentiments avant de les avoir éprouvés ; plusieurs se laissaient attirer vers un gouffre d'ombres mystiques et inconnues ; d'autres étaient possédés par la passion de l'étrange, par la recherche quintessenciée de sensations nouvelles ; d'autres enfin se fondaient dans une large pitié qui s'étendait sur toutes choses."

A ce mal de vivre typique, Schwob ne voit qu'un remède : dans son Journal, Jules Renard dit de lui : "Voilà un isolé. Il pense que nous arriverons tard et qu'il ne nous reste qu'une chose à faire après nos aînés : bien écrire". "





Commentaires

  1. Qu'il est bien, ce Shwob, décidément... <3

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  2. Oh, quel/quelle beau/belle personnage/personne !
    Et une mention spéciale pour les illustrations choisies ^^

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  3. Il est merveilleux, je conseille sa lecture, simple, facile, chatoyante, à tous : ce n'est en rien un "classique" ennuyeux. Et merci Shaya pour les illustrations !

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