mercredi 19 février 2014

Perversité et chocolat

Merci pour le chocolat : encore un Chabrol incroyable ! Après Que la bête meure, visionné la semaine dernière, je me suis offert ce moment de malaise avec un portrait angoissant d'une belle perverse narcissique, une araignée au centre de sa toile.
Je vous le conseille pour la peinture des personnages, le jeu des acteurs, la musique, les décors.

"L’argument : André Polonski, pianiste virtuose, et Mika Muller, PDG des chocolats Muller, se sont mariés à Lausanne. Auparavant, André a épousé Lisbeth dont il a eu un fils, Guillaume. Le jour de ses six ans, alors qu’ils étaient de passage en Suisse chez Mika, Lisbeth s’est tuée dans un accident de voiture. La jeune Jeanne Pollet, qui prépare le concours de piano de Budapest, apprend qu’elle aurait été échangée le jour de sa naissance avec Guillaume. L’infirmière aurait interverti les bracelets des deux bébés. A la recherche de ses origines et d’un mentor, l’ambitieuse débutante tente de s’approcher du maître. Cette intrusion va ébranler l’édifice familial." (Source : Avoiràlire)

Isabelle Huppert y est superbe et tout est millimétré, parfait. Si vous le regardez en DVD, je vous conseille vivement les commentaires de Chabrol sur la face B.

Extrait :

Au lit, extrait de Merci pour le chocolat

et un petit dialogue : 

« -  Le mal c’est que je détourne le bien. Plus c’est violent en moi, plus ça se manifeste en bien. Je donne, je donne, je donne et je ne peux jamais demander. J’ai même pas demandé à vivre...

 - Mais Mika, tu es comme tout le monde ! La vie, tu l’as reçue. C’est comme ça, tu ne peux pas le contester.

- Je ne comprends pas. D’ailleurs, je ne te comprends pas quand tu parles. Moi, je sais ce que je suis. Je ne suis rien. Alors…

- Qu’est ce que tu leur as fait ? Dis-moi ce que tu leur as fait. Guillaume est ce que j’ai de plus cher au monde !

- Tu devrais lui dire ! Il est comme moi Guillaume. Et nous ne sommes pas comme toi. J’ai jamais eu de mère qui pouvait me dire que j’étais un génie. Moi, je suis une pièce rapportée.

- Mika, tu ne sais pas à quel point tu m’as aidé. C’est grâce à toi si je…

- Oui, oui je sais. J’aide tout le monde. Lisbeth aussi je l’ai aidée.

- Tu l’aimais pourtant. Tu l’adorais !

- Je l’ai laissée faire ce qu’elle voulait. J’ai juste mis du rohypnol dans son cognac.

- Pourquoi as-tu fait ça ? Tu l’aimais...

- Oh, ça ne changeait rien ça… Moi, à la place d’aimer, je dis « je t’aime » et ils me croient. […] »

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