mardi 25 février 2014

Corps à corps rapide

Ce matin,
je m'entraîne à la lecture à voix haute. Vous voulez essayer ? Pour le plaisir de le mettre en bouche, un poème à lire de Francis Ponge :

Mode d'emploi :

1/ lire le texte doucement, pour soi

2/ essayer une première lecture à voix haute et claire pour se mettre les mots en bouche

3/ réfléchir au sens des mots et les lire en leur donnant à chacun l'importance qui est la leur. Non pas à la phrase mais au mot lui-même. S'intéresser à chaque unité de sens et lire : l'ensemble trouvera son harmonie dans le travail à voix haute.

4/ ne jamais s'arrêter, même quand on bute.

Allons-y, voici le texte :


"La Porte

    Les rois ne touchent pas aux portes. Ils ne connaissent pas ce bonheur : pousser devant soi avec douceur ou rudesse l'un de ces grands panneaux familiers, se retourner vers lui pour le remettre en place, tenir dans ses bras une porte.

    Le bonheur d'empoigner au ventre par son nœud de porcelaine l'un de ces hauts obstacles d'une pièce; ce corps à corps rapide par lequel un instant la marche retenue, l'oeil s'ouvre et le corps tout entier s'accommode à son nouvel appartement.
    D'une main amicale il la retient encore, avant de la repousser décidément et s'enclore,-ce dont le déclic du ressort puissant mais bien huilé agréablement l'assure."


Et une recommandation : allez donc écouter une lecture de Frédérique Bruyas si vous en avez l'occasion, j'ai assisté l'an passé à un stage de lecture à voix haute sous sa direction, c'est un bonheur.

Si vous ne connaissez pas encore Francis Ponge, le poète du Parti pris des choses, je vous conseille de vous perdre dans ces petits tableaux, ces blasons qui explorent les règnes du végétal, du minéral, de l'animal (ou autres classifications : écoutez ci-dessous les suppositions de Sollers) pour en extraire des pépites. Voici L'huître :

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