Ca brûle.

Partout, ça brûle :
Ukraine, 20 février 2014, AFP/SERGEI SUPINSKY

le moralisme ambiant n'est qu'une vaguelette sur le bord de la mare mondiale. Au centre, il y a des venezueliens, des ukrainiens, des syriens, des centrafricains qui se prennent les cailloux sur la tête.

Dans les Fortune cookies, je cite cette chanson de Noir Désir, Le Grand incendie. Elle me panique, elle m'électrise, elle me terrifie, c'est exactement ce que je ressens en lisant les infos ce matin.



C'est pas pour moraliser, pour atténuer ce qui se passe chez nous : on sait bien que c'est extrêmement important de se battre contre la censure. Mais même chez nous les gens crèvent de faim. Il me semble qu'il faut aussi utiliser nos moyens d'information pour surplomber tout ça, voir l'ensemble du tableau.


Alep : bombardement de barils remplis d'explosifs, 1er février 2014

C'est le raz-de-marée
Les rats peuvent plus se marrer
S'enfuir s'cacher
Dans une planque s'enterrer
La marge est infime
Au bord de l'abîme
Implosion, explosion, mort aux cons riment
Crapules, salauds
Bourgeois, blaireaux
Chacun pour soi, ça détale dès qu'on a eu le déclic
Wanadoo
Do wap a doo
I wanna, I wanna, wanna go with you
Trop tard, petit, petit malin
Indemnités c'est peanuts t'auras rien
Cours ! Cours ! Cours ! Cours !
No limit à la fuite
Accélère

Accélère, c'est pas le moment
Tu crois toujours que tu peux t'arrêter
Te jeter dans un coin te coucher
Oublier la cadence

C'est l'incendie, le grand incendie
l'incendie, le grand incendie...



Est-ce qu'on est comme Blanche, l'héroïne des Fortune cookies ? Est-ce qu'on va attendre d'être au pied du mur, d'être blessé dans notre propre chair pour considérer ce qui se passe au sud, à l'est, à l'ouest ?

San Cristobal, Venezuela, cette nuit :
http://caracaschronicles.com/2014/02/20/the-game-changed/
Notre résistance, c'est de faire en sorte de comprendre ce qui se passe et c'est d'en parler, de se battre ici pour que ça bouge : chacun ses moyens, toi la photo, toi l'édition, toi le dessin, nous l'écriture.

C'est aussi de demander à notre gouvernement pourquoi ils sont allés faire la guerre au Mali, pourquoi ils font la guerre en Centrafrique ? Pourquoi ils dépensent 450 millions pour faire la guerre cet hiver ? Est-ce réellement pour aider ces populations, est-ce que l'intervention ne crée pas d'autres violences terribles, est-ce que le mot de génocide n'a pas été employé bien vite pour nous persuader ? C'est vraiment pour ça qu'ils voulaient aller faire la guerre en Syrie cet été, pour aider ces malheureux ? Les élections approchent, nos enjeux ne sont pas que dans les débats franco-français.

Notre pays se sclérose tandis que d'autres brûlent ou meurent de faim. Mais ce sont les symptômes d'une même maladie. La recherche permanente du profit.

Wake up, the world is burning. 


Commentaires

  1. The last one alive take the light off.
    (citation graphique du film Children of Men)

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  2. Que dire après ce billet, hormis toute la tristesse que je ressens devant les souffrances de ces peuples qui se soulèvent pour le droit d'avoir un avenir et toute ma frustration devant l'indifférence de certains et l'inaction des autres.

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  3. Merci pour ce billet qui tire la sonnette d'alarme.
    Je vais passer en mode perso parce que je suis du côté des inactifs, et je ne sais pas bien comment faire pour changer ça. Je suppose que je ne suis pas la seule, peut-être bien que ça parlera aussi à d'autres.
    Je ne suis pas indifférente. Mais je ne fais rien pour autant. Je me sens démunie, inutile. Toute petite, et surtout cruellement ignorante, même quand j'essaie de m'informer. Je ne comprends pas ce qui est en jeu, ce qu'on peut croire ou ne peut pas croire des images qui sont véhiculées, je ne me sens pas apte à formuler un avis éclairé et éclairant, alors je me contente de lire en silence et de me débattre avec tout ça.
    Mon combat, on en a déjà parlé, je le mets ailleurs : par mon écriture, j'essaie de donner un peu d'espoir et de lumière. Je ne sais pas si ça aussi, ça peut changer les choses dans notre monde. Je ne suis pas sûre qu'on puisse appeler ça de l'action, tant ça reste en retrait de ces questions brûlantes d'actualité.
    Je n'ose pas critiquer l'inaction des uns et des autres ni essayer de les secouer parce qu'en vérité, je ne vaux pas mieux. Je voudrais bien faire quelque chose de plus, mais je ne sais pas quoi, ni comment.
    Tout ça pour dire que j'admire ta démarche, j'admire ta force à savoir décrypter tout ça ; et j'ai peur, parce qu'on est trop nombreux à ne pas la posséder, et même quand on veut changer ça, on n'y arrive pas forcément. Merci de ne pas être Blanche, chère Silène, et de nous le montrer grâce à tes romans et tes articles si riches en questionnements.

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