Influences #2


Dans la catégorie Influences, voici un roman, ou plutôt 3 romans. Il s'agit de La Trilogie New-yorkaise de Paul Auster, composée de La cité de verre, Revenants et La Chambre dérobée.

Je ne peux vous les résumer tous les 3 sans en briser l'intérêt. Je peux juste vous donner un aperçu du premier et un extrait qui parle bien de ce qui m'a plu :

C'est l'histoire d'un homme qui s'appelle Quinn et qui prend un pseudo, qui est William Wilson (titre d'une nouvelle de Poe) pour écrire des livres dont le narrateur est Work, jusqu'au jour où on l'appelle en pensant qu'il est le détective Paul Auster. Il finit par accepter cette identité et se met à enquêter sur Stillman père à la demande de Stillman fils.


C'est dingue et c'est passionnant. Les 3 romans vont ensemble mais on peut lire le premier indépendamment si on le souhaite. On peut les lire en anglais, la langue est simple, sèche même. Je n'ai pas relu de livres de Paul Auster depuis des années, j'espère avoir le temps bientôt ! Peut-être l'avez-vous déjà lu ? En tout cas, c'est une excellente leçon de narratologie !

Et on peut aussi explorer le rapport littérature et cinéma à travers son oeuvre car il a réalisé 2 films avec Wayne Wang, Smoke et Brooklyn Boogie. On peut les considérer aussi comme des influences !

Le tabac qu'on voit dans les  films

Voici un des passages les plus célèbres et les plus fascinants, sur le rapport entre le réel et le langage. Vous constaterez que dans cette deuxième influence, le rapport au réel est encore en question.

"Lorsque les choses avaient encore leur intégrité, nous ne doutions pas que nos mots puissent les exprimer. Mais, petit à petit, ces choses se sont cassées, fragmentées, elles ont sombré dans le chaos. Et malgré cela nos mots sont restés les mêmes. Ils ne sont pas adaptés à la nouvelle réalité. Par conséquent, chaque fois que nous essayons de parler de ce que nous voyons, nous parlons à faux, nous déformons cela même que nous voulons représenter. (...) Si vous voulez bien y songer, tout objet remplit une fonction. Un crayon sert à écrire, un soulier est fait pour être porté, une voiture pour être conduite. Que se passe-t-il lorsqu'une chose ne remplit plus sa fonction ? Est-elle toujours la même chose ou est-elle devenue autre ? Si vous arrachez le tissu d'un parapluie, reste-t-il parapluie ? Vous déployez les baleines, les mettez au-dessus de votre tête, vous allez sous la pluie et vous voilà trempé. Est-il possible de continuer à appeler cet objet un parapluie ? En général, on le fait. A l'extrême, on dit que le parapluie est cassé. Selon moi, c'est une grave erreur, c'est la source de tous nos ennuis. Du fait qu'il ne peut plus remplir sa fonction, le parapluie n'en est plus un. (...) À moins que nous ne commencions à inclure la notion de changement dans les mots que nous employons, nous continuerons à être perdus."


J'ai choisi pour illustrer cet article des photos de Sophie Calle, parce qu'elle m'influence, elle aussi, d'une part. D'autre part parce que Paul Auster s'est inspiré de la façon dont elle lie sa vie et son travail d'artiste pour créer le personnage de Maria dans Leviathan. En retour, elle a vécu comme Maria. Elle a aussi demandé des instructions à Paul Auster : elle en a fait une exposition Double Jeu.
Je vous en reparlerai, elle mérite un article !

Pour finir, un petit passage d'un des films de Wayne Wang : c'est une séquence improvisée de Brooklyn Boogie, avec Jim Jarmusch, encore une influence incroyable dont je vous parlerai aussi. Ca en fait des articles !

 

Commentaires

  1. J’avais adoré "Brooklyn Boogie » et bien sûr « Smoke »… Un sacré dyptique, et surtout une belle déclaration d’amour à Brooklyn...

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