Ils fichent le camp dans le sommeil

Ce matin, je suis en pleine dissert, je n'ai pas le temps de vous écrire. Mais comme j'apprécie de plus en plus notre dialogue, je vous donne ces petits morceaux merveilleux de Violette Leduc, fragments trouvés dans le film Violette et relus sur Babelio.
J'attends avec impatience de lire ces romans qui me semblent incroyables. Et je vous conseille le film.

La Bâtarde

Mon cas n’est pas unique, j’ai peur de mourir et je suis navrée d’être au monde. Je n’ai pas travaillé, je n’ai pas étudié, j’ai pleuré, j’ai crié. Les larmes et les cris m’ont pris beaucoup de temps. La torture du temps perdu, dès que j’y réfléchi… Je ne peux pas réfléchir longtemps mais je peux me complaire sur une feuille de salade fanée où je n’ai que des regrets à remâcher. J’aurais voulu naître statue, je suis une limace sous mon fumier. Les vertus, les qualités, le courage, la méditation, la culture, bras croisés, je me suis brisée à ces mots là.


Thérèse et Isabelle

Les petites lumières dans ma peau convoitèrent les petites lumières dans la peau d'Isabelle, l'air se raréfia. Nous ne pouvions rien sans les météores qui nous entraîneraient dans leur course, qui nous jetteraient l'une dans l'autre. Nous dépendions des forces irrésistibles. Nous avons perdu conscience mais nous avons opposé notre bloc à la nuit du dortoir. La mort nous rappelait à la vie : nous sommes entrées dans plusieurs ports.

L'asphyxie

Je pense que les gens ne respectent pas la nuit. Ils la laissent dehors. Ils fichent le camp dans le sommeil.


Commentaires

  1. Ohhhhhhh mais comment ai-je pu manquer ce film, ça a l'air splendide ! Et ça donne en effet très envie d'aller découvrir ses écrits. Merci !

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