vendredi 15 novembre 2013

La mobilité essentielle de l'esprit (deuxième préambule)


Un extrait de Paul Valéry aujourd'hui, qui vous donne THE truc pour que les générations à venir ne vous oublient pas...

"Sait-on jamais qui durera ? Un écrivain peut, de son temps, connaître la plus grande faveur, exciter le plus vif intérêt, exercer une immense influence : son destin définitif n'est pas le moins du monde scellé par cet heureux succès. Il arrive toujours que cette gloire, même légitime, perd toutes les raison d'existence qui ne tiennent qu'à l'esprit d'une époque. Le neuf devient vieux ; l'étrangeté s'imite, et est dépassée : la passion change d'expression ; les idées se répandent, et les moeurs s'altèrent. L'oeuvre qui n'était que neuve, que passionnée, que significative des idées d'un temps peut et doit périr. Mais au contraire, si un auteur a su lui donner une forme efficace, il aura fondé sur la nature constante de l'homme, sur la structure et le fonctionnement de l'organisme humain, sur l'être même. Il aura ainsi prémuni son ouvrage contre la diversité des impressions, l'inconstance des idées, la mobilité essentielle de l'esprit. "

Paul Valéry, "Victor Hugo créateur par la forme", Variété (1924)

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