Nouvelle direction

Ce blog étant moribond, je vais lui donner une nouvelle direction. Je dispose d'un peu de temps cette année et j'aimerais vous faire partager certaines aventures et réflexions. Allons donc... c'est parti.


Ce n'est pas, pas, un pas, c'est, pas, sérieux, ce n'est pas raison, née pas raisonnable que de me lancer dans ce jour, nuit, journal. Pourtant, ma vie a beau tour, détour, des tours, tournoyer, j'ai beau être sub submergée, sous-marine, mer intérieure, océan qui tend, étang, océan qui s'étend, il faut, faux, c'est faux, ce n'est pas impératif. Il faut pour ça, pourtant, temps, tant d'inconstance, temps constant, qu'on se temporise, qu'on se construise, con, truie, ah. Perte, perdue, dû du temps, du sale, du dehors, or, or, je me répands, déjà, des, je de dès, déraisonnable. Pour temps, jeux, je, je le fais, fée, féelure, il faut que je le, face, défasse, faciès, fasse et défasse car sinon ce sera, ce, ceci, cela, ces tours et détours, ce sera paire, pour mes pairs, ce sera perdu.

(Ghérasim Luca fait cela bien mieux que moi)

Je commence.

Souvenir du samedi 18 mai – année 35

Je mange au restaurant, seule. Je vois le gland doré de la concorde, les ventres verts et tournés vers le ciel des parisiens. Je mange des ravioles de royans aux girolles, aux abricots et aux amandes et cela est bien trop sucré. Ce n'est pas fin mais c'est de la cuisine de chef à pas cher, dans une cantine magnifiquement rénovée, où la valse des serveurs affole. Je ne peux que partager, ou subir la conversation de mes voisins. Alors je sauce mon plat pour signifier que je ne suis pas fréquentable. D'un côté, l'on parle micro-ondes et échalotes. De l'autre, il s'agit de savoir quels goûts communs ont les différents convives : ces questions m'intéressent aussi, mais avec les gens que j'aime or je suis seule et ils m'ennuient car je ne peux faire autrement que de les entendre, sans participer, sans que ce soit les amis, amants, amours, en face, avec qui discuter. Cette escapade solitaire prend fin ce soir, j'ai hâte tout en espérant que le temps passe tout lentement jusqu'à l'instant de passer le pas de la porte. Car ce temps n'est qu'à moi.
Mon voisin m'amuse cependant, il a beaucoup d'humour et dans sa bouche, nous devenons de simples volailles que les serveurs poussent dehors. Ils viennent de Nouméa, quel hasard.
Je suppose qu'il faut que je décide, vite, de ce que va devenir ce texte-là ; oui, si je te le destine, lecteur, il faut passer le pacte autobiobidule. Si cela n'est qu'un journal personnel, dans l'obscur et hypothétique, mais malgré tout brillant, espoir qu'un jour on le trouve et le publie. Car je serai célèbre. C'est là que c'est brillant, tu l'auras compris. Autodérision. Bref, si ce n'est qu'un journal, il est évident que je ne m'y tiendrai pas. Bien, alors parlons pacte. Je fais semblant d'hésiter, mais tu l'avais deviné, c'est mon envie première. Alors... 


Je promets solennellement de mentir sur tout ce qui me semble inavouable.



Je fais le serment de transformer allègrement la réalité qui me déplaira en la niant, la masquant, la déguisant, la renversant, la culbutant pour lui faire subir des outrages que je ne souhaite pas décrire, ce serait sordide.


Je te jure que je vais cependant être honnête et juste avec les gens, je vais les décrire de la façon la plus subjective qui soit, car ce serait bien trop mentir autrement.



Je crache (c'est bien la littérature, ça t'évite de nettoyer par terre) s'il le faut et voilà, le pacte est fait. Ca te va ? Je te tutoie. Parce que dans mon pays de cœur, on ne vouvoie que les flics. Et ce n'est pas par respect, tu vois ?

Donc, il faut sans doute que je raconte des choses intéressantes. Bien. Essayons : mercredi, je suis arrivée à Paris, cette mauvaise fille que je connais bien pour l'avoir fréquentée durablement, 3 ans + 1. Une rechute fatale qui m'a dégoûtée définitivement. Pourtant, notre relation avait été belle, lors du premier essai. Quelques mois d'acclimatation, sans passion cependant. Deux ans d'osmose et puis, lasse, une fatigue et un ennui qui m'ont éloignée de la ville-lumière avant le fatal retour, deux ans plus tard. Le haut-le-coeur. Bref, je m'égare.
Mercredi donc, je me dirige vers la rue Séguier pour une rencontre avec Amélie, que je connais déjà et Katie, l'auteur de l'énorme et fabuleux Dictionnaire fou du corps (Thierry Magnier, 2012). Je dois écrire un support pédagogique. Nous expliquons à Katie de quoi il retourne et nous allons déjeuner, dans un resto d'allure traditionnelle où je mange un élégant et réussi mi-cuit de thon. Les idées fusent, elles me parlent de la maison de Thierry Magnier, sous le mont Ventoux, des épreuves terriblement difficiles des Arts-déco, de l'amant de Lady Chatterley et d'une scène ou Bourvil et de Funès sont au hammam. Si tu sais dans quel film cela se trouve, note-le ici, veux-tu ?

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Bien, sortons à présent. Amélie nous ramène rue Séguier, nous croisons l'éditrice S., qui ne me remet pas et me sourit, cependant, s'interrogeant manifestement (ouh, que de han, ma bêta-lectrice1 va tordre le nez). J'aimerais qu'elle me publie. Mais je suis sans doute trop tendre pour elle, elle a le flair et le goût de publier des gens plus âpres, plus... grands ? Oui, voilà.

Je suis fatiguée, je vais à l'hôtel, celui que nous partageons avec Silvie, comme un rituel. Il est propre et peu onéreux, bien situé et les commodités sont sur le palier. Mais on y est tranquille. Sauf quand, comme ce sera le cas ce soir, un jeune couple goulu passe la nuit à faire grincer les ressorts. En poussant des cris.
L'hôtel : http://www.hotelportroyal.fr/

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Temps perdu
Je reprends demain.
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1 Bêta-lectrice : non pas stupide mais au contraire attentive et délicate, relevant toutes les erreurs, répétitions et incohérences, parfois de manière très agaçante, mais c'est pour mon bien. Elle n'est pas correctrice, elle me dit juste ce qui ne va pas et je dois me débrouiller avec ça. Inspectrice des travaux finis. Mais adorable. Je t'aime, Agnès.

Commentaires

  1. Je t'aime aussi, ma belle. Je suis super touchée.
    Et j'aime tes écrits, celui-ci compris <3 Une superbe nouvelle directions que tu donnes à ce blog, que je suivrai d'autant plus assidûment !
    (Promis, je laisserai ma casquette de bêta-lectrice au placard ;) )

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  2. *Plein de petits coeurs rien que pour toi*

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  3. Comme toujours, un texte à déguster :) Enormes câlins!

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