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Engagement (1/3) - le GGG ou Guide des éditeurs de l'imaginaire

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Vous savez, ou pas, que je suis engagée de différentes manières pour la Littérature.
Je peux même avancer que c'est mon way of life.
J'ai commencé  par enseigner la littérature pendant des années, d'abord pour payer mes études de lettres, puis en tant que prof ; j'ai étudié la littérature pendant dix ans — je continue —; je rédige des dossiers pédagogiques sur des paquets d'oeuvres pour la jeunesse ; j'ai moi-même produit une quinzaine de bouquins et je sillonne la francophonie pour parler des bienfaits de la littérature à des milliers de mouflets.
J'envisage d'ouvrir une bibliothèque jeunesse dans mon immense garage et de créer une maison d'auteurs, de faire des podcasts pour faire entendre certains textes que j'aime, etc.

Mais il y a un autre engagement qui me tient à coeur, et c'est l'entraide entre auteurs. Tout a commencé en décembre 2009...

Décembre 2009, quelque part à l'est de Paris, première convention Cocyclics.
Pour ceusse…

L'opportunité ?

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Chers lecteurs,

Comme de nombreuses créatrices et de nombreux créateurs de livres, je réagis ce matin aux propos de Monsieur Glénat, ci-dessous.

Je suis assez amère et triste de voir qu'un éditeur puisse déconsidérer ainsi notre travail. Heureusement, mes éditeurs actuels sont bien plus respectueux et me soutiennent autant qu'ils le peuvent pour que je puisse continuer à vivre de ma plume et produire de nouveaux livres, sans me faire travailler bénévolement chaque week-end.

Je ne peux m'empêcher de réagir.

https://www.actualitte.com/article/bd-manga-comics/payer-les-dedicaces-je-trouve-cela-presque-contre-nature-jacques-glenat/95620

Certes, j'aime rencontrer des gens, partager mon travail et entendre des questions et commentaires... mais en fait, j'aime aussi passer mes week-ends à la maison, rencontrer mes amis, partager mes bons petits plats et entendre des conversations passionnantes et des commentaires amicaux sur ma tarte au citron et accessoirement, sur mes l…

Vivent les mariés !

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Ce printemps, j'ai eu l'honneur de prononcer un discours pour le mariage de mon ancienne amie de fac, Anne-Eli. Elle m'a autorisée à le divulguer. C'est une joie pour moi de lui rendre hommage publiquement.
(Tous droits réservés, of course, n'allez pas pomper mon discours, écrivez le vôtre ! Ou alors citez-moi et payez une dîme en chocolat)


Quel beau jour que celui d’un mariage ! Aussi beau que celui d’une naissance, la douleur en moins… quoique le paracétamol soit souvent de rigueur le lendemain !
Je ne suis pas croyante, ni très attachées aux valeurs actuelles de mon pays, ni même à mon pays tel qu’il est aujourd’hui, j’avoue. Mais le mariage, oui, j’y crois et c’est avec émotion que j’ai bidouillé ce petit discours en l’honneur de nos mariés. Deux compagnons de longue date, deux parents aimants, deux amis qui se soutiennent et marchent main dans la main, voilà ce que sont nos mariés et ce que doit être le mariage, il me semble : une union qui rend plus fort, une …

Mais comment tu fais tout ça ?

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En ce moment, je lis les supers conseils de Nadia Coste sur l'écriture : c'est ici, c'est très intéressant et c'est pendant tout le mois de janvier :

http://nbcoste.blogspot.com

Si vous voulez commencer par le premier : http://nbcoste.blogspot.com/2019/01/conseil-n1-trouver-sa-methode.html

Dans l'un de ses articles (Conseil N°11 : écrire 10 minutes avant d'ouvrir ses mails), il y a une phrase qui m'a vraiment marquée :

"Et rappelez-vous : PERSONNE n'a le temps d'écrire. Ce temps-là, on le vole."

Du coup, comme je suis une super voleuse de temps, j'ai réfléchi à une dizaine de trucs que j'applique et que je peux partager avec vous.


Souvent, on me demande : "Mais comment tu fais tout ça ?" : la réponse, c'est que je suis paresseuse. Pour être tranquille, il faut donc m'organiser pour faire vite ce qui est ennuyeux, le faire bien (sinon, il faut refaire... c'est bête) et/ou remplacer les tâches ennuyeuses par des t…

La fuite en avant ?

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Souvenir : "grâce" à cette drôle de fonction souvenir de facebook qui te rappelle que rien de ce que tu écris sur le net ne s'efface jamais, je retrouve cette mini-tribune du 10 décembre 2015 :



 Il y a 3 ans, j'étais encore prof et je commençais à craquer vraiment. Depuis, ben, j'ai renoncé à l'enseignement et j'écris des livres dans lesquels il y a des révolutions sociales et écolo (les deux en même temps, oui !), des gens qui aident les réfugiés, des jeunes qui se battent contre l'injustice sociale et de la philosophie bouddhiste. Je suis pas fière d'avoir renoncé, mais je pouvais plus. J'essaye d'agir autrement pour ma société, mais je garde un goût amer.

Parfois l'impression d'avoir fui un métier qui me rendait malheureuse plutôt que privilégié la voie/x de l'écriture par choix.

Les montagnes russes

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Il y a des jours comme ça où on est dans le train, très tôt, pour aller voir des élèves qui ont lu votre livre, on est les Vrp de la création litteraire, on vend du rêve. On s'est couché trop tard, c'est pas raisonnable. On s'est levé trop tôt et ça explique les métaphores éculées. On a passé des jours éprouvants avant ce jour-là, on a encore beaucoup de travail après ce jour là. On regarde par la fenêtre les lumières dans le noir, on pense à tous ces gens qui se sont levés trop tôt aussi. On est un peu fatigué.
C'est un de ces jours ou on se demande pourquoi. Pourquoi j'écris encore, pourquoi je fais ce métier ? C'est les montagnes russes ce métier, c'est le grand huit, la grande peur, la belle montée, le sommet glorieux, la dégringolade fulgurante, l'apaisement passager, le hurlement de peur, le rire de joie pure.
Pourquoi ?
On fait des listes.
Il y a les enfants qui vous accueillent tous plein de joie et de questions, les lecteurs qui vous suivent d…

De l'écriture

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Alors que je finis de lire Linea Nigra de Sophie Adriansen, un bien beau livre, qui remue beaucoup de choses et de souvenirs, je m'interroge.


Je lis mes amis : je parle avec eux et ensuite je les lis, et inversement. Nous partageons nos livres et nos mots et je peux les entendre de deux manières : l'une qui appartient à tout le monde et l'autre qui n'appartient qu'aux artistes entre eux. Car je sais écrire et je sais comment ils écrivent : je peux donc les entendre dans la façon dont ils mettent en forme leur propre matière, leur propre regard sur le monde. Là, je lis Sophie et je sens, devine la façon dont toute sa merveilleuse personne a créé le livre,  je sais un peu du mélange entre sa propre matière et la fiction et cette lecture est d'autant plus émouvante. J'ai ressenti la même chose en lisant Einstein, le sexe et moi d'Olivier Liron : je l'entendais. Je voyais comment il avait transformé ce qu'il est en roman, j'étais heureuse de voi…

Qui a tué mon père

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Magnifique lecture ce matin, portrait tendre et amer, mise en accusation de nos dominants qui tuent leur peuple à coup de lois précarisantes, de réduction d'aide, de déremboursement des soins... tandis que les fachos récupèrent les votes des pauvres gens en faisant du populisme sur l'essence, un texte qui dit simplement la vie d'un homme qu'on appelle fainéant, assisté avec ce mépris de classe qui donne la nausée. 

Un très beau texte sur les relations familiales, le lien père/fils.

Court, percutant, important.

Les paroles d'un fou

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(Dans le train Dax-Bordeaux. Un fou parle seul. Je note ses paroles. En regardant par la fenêtre, on voit la forêt des Landes)
J'aime les hirondelles...  Ce sera différent quand ils feront de la conception d'enfants. Il y en aura peut-être trop. Des portées. Peut-être que c'est ça qui nous sauvera. - silence - C'est bien que la vie elle change, c'est beau le changement. Le futur médical animaux humanoïdes, est-ce que ce ne serait pas un sujet de philo pour le bac ? De toute manière, je pense que par la médecine, on va commencer d'abord par guérir le souci animal. Interdit de manger de la viande le vendredi. Après.... manger du poisson. Faut remonter loin pour avoir les mêmes origines qu'aujourd'hui. Qui dit qu'il n'y a pas une personne qui n'était pas assise là, il y a 40 000 ans qui ne disait pas ce qu'il pensait mais qui pensait ce qu'il voulait dire. La France, c'était forestier, il y avait des forêts partout, 90% de forêts. Mai…

Nietzsche et les ruminants

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J'ai du mal à atterrir après le Tibet, j'ai la tête qui tourne et des difficultés à transformer tout cela en texte intelligible. Alors j'en profite pour lire et je me suis beaucoup amusée avec un passage du philosophe Nietzsche (j'ai trouvé La généalogie de la morale à la boîte à livres et il s'avère que justement, je me pose beaucoup de questions sur la morale chrétienne depuis mon séjour au pays du véhicule de diamant).

Je vous le donne, c'est la fin de l'avant-propos :

"Si d’aucuns trouvent cet écrit incompréhensible, si l’oreille est lente à en percevoir le sens, la faute, me semble-t-il, n’en est pas nécessairement à moi. Ce que je dis est suffisamment clair, à supposer, et je le suppose, que l’on ait lu, sans s’épargner quelque peine, mes ouvrages antérieurs : car, en effet, ceux-ci ne sont pas d’un abord très facile. Pour ce qui en est, par exemple, de mon Zarathoustra, je ne veux pas que l’on se vante de le connaître si l’on n’a pas été quelque …